Près de 50 milliards d’euros nécessaires pour la recherche sur les technologies à faible intensité de carbone
La Commission européenne préconise une augmentation des investissements de qualité des technologies énergétiques et privilégie le financement privé.
La Commission européenne préconise une augmentation des investissements de qualité des technologies énergétiques et privilégie le financement privé.
L’Europe dépense mal en matière d’énergies propres. C’est ce qu’a constaté le commissaire européen à la Recherche, Janez Poto?nik, lors d’une conférence de presse sur la dernière communication de l’Exécutif européen dans ce domaine, le 7 octobre 2009.
Ce document consacré aux investissements pour le développement des énergies à faible émission de carbone cherche à remédier à ce problème. Il s’agit principalement d’une feuille de route pour le financement du plan stratégique européen sur les technologies énergétiques pour la période 2010-2020 (voir encadré).
La Commission estime qu’il faudra investir 50 milliards d’euros de plus dans la recherche au cours des dix prochaines années. Une décision qui revient quasiment à tripler les investissements annuels dans l’Union européenne, pour passer de 3 à 8 milliards d’euros. « Ce qui compte, ce n’est pas la quantité d’argent mais la façon de travailler », a cependant souligné M. Potocnik. Le commissaire européen a en effet dénoncé les obstacles à l’efficience communautaire en termes de recherche énergétique : fragmentation, efforts d’innovation limités à quelques États membres, manque de complémentarité.
L’objet principal de la communication est donc d’orienter les dépenses de manière cohérente dans les six domaines où les technologies pauvres en carbone présentent un fort potentiel. Le plan SET a défini ces domaines : l’éolien, le solaire, l’interconnexion des réseaux électriques, le captage et stockage du dioxyde de carbone et la fission nucléaire durable.
La perspective de la réunion de Copenhague sur le climat en décembre 2009 permet de rappeler la coïncidence du plan avec les « trois 20 », objectifs du paquet climatique. Le commissaire à l’Energie, Andris Piebalgs, estime qu’en suivant la feuille de route prévue par leur proposition, l’énergie éolienne pourrait contribuer à 20% de la consommation d’électricité dans l’Union européenne en 2020; le solaire à 15% de la production électrique et la biomasse à 14% de notre consommation énergétique totale.
25 à 30 villes pourraient diminuer de 40% leurs émissions par rapport à 1990. Le plan serait ainsi un « instrument-clé » pour atteindre une croissance durable.
La feuille de route évoque également la possibilité de mettre en place un système plus compétitif de capture et stockage du CO2 (CSC) et d’un réacteur nucléaire de 4e génération. Ces deux derniers points sont cependant controversés. Les ONG de défense de l’environnement critique les méfaits environnementaux de la technique du CSC. Quant au nucléaire, les commissaires ont par ailleurs estimé que cette technologie demeurerait un élément du « mix énergétique », à la discrétion des États membres.
Quelles sources de financement ?
Reste l’épineuse question du financement du Plan SET, qui explique en partie les retards de la Commission à présenter ce texte. Les commissaires à l’Energie et à la Recherche ont plaidé pour un « effort collectif et un sens partagé des responsabilités entre États membres, entreprises, chercheurs et Commission européenne ».
Une répartition des tâches se dessine dans la communication. « Les autorités publiques doivent fournir des lignes directrices », indique M Poto?nik avant de préciser : « le gros des financements doit provenir de là où ils se trouvent, c’est-à-dire du secteur privé et des États membres ». Il a appelé en particulier les banques et les industries de technologies peu polluantes à œuvrer dans ce sens, en prenant « plus de risques».
La fonction financière de l’UE est elle bien circonscrite. « Ce serait extrapoler que de s’attendre à un rôle majeur du budget européen », a insisté M. Poto?nik. « Le budget européen sera utilisé comme un levier pour impulser l’investissement global ». Il a toutefois suggéré une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour aider cet effet de levier.
« La Commission européenne a lancé un nouveau projet sur les technologies à faible émission de carbone sans offrir de nouvelles ressources pour le soutenir », a regretté à ce sujet l’association WWF dans un communiqué.