Première ébauche d’un accord sur le climat pour l’après Kyoto
En amont du prochain cycle de négociations sur un accord climatique pour la deuxième phase du protocole de Kyoto, les Nations Unies ont communiqué une première ébauche de texte. Il pose les différentes options possibles pour lutter contre le changement climatique après 2012.
En amont du prochain cycle de négociations sur un accord climatique pour la deuxième phase du protocole de Kyoto, les Nations Unies ont communiqué une première ébauche de texte. Il pose les différentes options possibles pour lutter contre le changement climatique après 2012.
“C’est une étape importante sur notre route”, a indiqué Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique. « C’est la première fois qu’un vrai texte de négociations sera sur la table et servira de base aux gouvernements pour commencer à rédiger un projet d’accord pour Copenhague », a-t-il ajouté.
Une liste d’options
Ce texte de 53 pages, destiné à poser les bases d’un accord final à Copenhague, fait le point sur une série de questions en suspens comme la vision partagée d’une action de coopération sur le long terme, une action renforcée sur l’adaptation au changement climatique, les technologies, le financement…
Il est cependant encore difficile de déchiffrer les contours de potentielles conclusions sur des secteurs spécifiques. Le texte propose différentes options. Cinq options possibles sont proposées, en ce qui concerne par exemple les objectifs de réduction d’émission à long terme. Celles-ci incluent notamment la stabilisation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, la réduction globale des émissions de CO2 de deux tonnes par personne ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre en fonction de la responsabilité historique.
“Les discussions nous ont permis de dresser une liste quasiment complète des engagements des États industrialisés supposés diminuer leurs émissions après 2012. Les gouvernements peuvent dès lors voir plus clairement où ils se situent en comparaison avec les autres pays et ainsi avoir des ambitions plus élevées », a indiqué Yvo de Boer en se référant à un texte, intitulé l’annexe 1, qui doit amender le protocole de Kyoto sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre dans les pays développés.
Régler d’abord les aspects techniques
Des sources proches des négociations ont cependant indiqué à EURACTIV.com qu’aucun accord ne serait conclu sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant la dernière minute et certainement pas avant que tous les aspects techniques du compromis ne soient réglés.
Le système de coopération internationale, qui doit être mis en oeuvre de manière urgente, afin d’aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique doit enfin être clarifié. Des mécanismes financiers et des systèmes de transfert de technologies adaptés doivent également être déterminés.
Une approche par secteur
L’accord doit mettre en place des mécanismes d’action de reduction des emissions dans les pays en développement. Celles-ci doivent être menées par les États mais dépendent du soutien technique et financier des pays industrialisés, souligne le texte.
Certains pays ont recommandé que le mécanisme de développement propre, qui permet aux pays développés de revendiquer des crédits d’émissions en échange d’investissements dans les pays pauvres, et qui est aujourd’hui fondé sur une approche par projet soit désormais étendu à une approche par secteur.
L’une des propositions figurant dans le texte prévoit l’insertion de la technologie de la capture et du stockage de carbone ainsi que le développement du nucléaire dans le schéma du mécanisme de développement propre.
Incertitudes sur le financement
Entre le financement par le secteur public ou par le biais d’un marché, aucun consensus n’est trouvé.
L’une des options proposée est que le secteur public constitue la principale source de financement et que les mécanismes de marché et les financements privés ne jouent qu’un rôle complémentaire.
Une autre option prévoit que les financements publics n’interviennent qu’en cas d’incapacité du secteur privé à payer certains projets.
« Le Forum économique majeur [d’avril 2009] a commencé par l’engagement [des États présents] à contribuer de manière positive à la conclusion d’un accord à Copenhague. En réponse à la crise, de nombreuses actions visant à stimuler l’économie ont été entreprises et beaucoup d’entre elles ont des objectifs environnementaux. A 200 jours de Copenhague, l’agenda se resserre mais le monde ne reste plus muet devant le changement climatique », a indiqué Yvo de Boer.