Pour Paris et Londres, «Kadhafi et sa clique» doivent partir

Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy et David Cameron pressent leurs partenaires européens à soutenir les efforts de l’opposition libyenne.

EURACTIV.fr
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Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy et David Cameron pressent leurs partenaires européens à soutenir les efforts de l’opposition libyenne.

Dans une lettre commune adressée, jeudi 10 mars, au président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy et son homologue britannique, David Cameron, pressent l’Union européenne d’agir. 

« Afin de mettre fin à des souffrances suplémentaires du peuple libyen, Mouammar Kadhafi et sa clique doivent partir. » « Il est clair que le régime a perdu toute la légitimité qu’il avait pu avoir », écrivent-ils aussi.

Cette lettre intervient à la veille d’un Conseil européen spécialement consacré à Libye et à l’Afrique du Nord. Les dirigeants des pays de l’UE doivent s’accorder sur d’éventuelles sanctions à l’encontre du régime de Mouammar Kadhafi.

Embargo sur les armes

La France et le Royaume-Uni évoquent la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye « pour empêcher les attaques aériennes ». Ils appellent aussi à mettre en œuvre « complètement » l’embargo sur les armes, « y compris en interdisant la fourniture de personnels armés mercenaires ». « Nous sommes prêts à coopérer avec ces pays à cet égard », ajoutent-ils.

Ils pressent leurs partenaires européens à « [soutenir] les efforts du Conseil national intérimaire de transition », qui représente l’opposition libyenne, pour « préparer un gouvernement représentatif et responsable ».

Pour l’heure, les divergences entre les États membres sont assez fortes. Alors que Nicolas Sarkozy s’était prononcé en faveur de frappes aériennes ciblées en Libye, ce point ne figure pas dans la lettre franco-britannique. Par ailleurs, l’Italie, très proche du régime du colonel Kadhafi, est très réticente à l’adoption de sanctions.

 

« Europe unie »

« Et aujourd’hui, ce Conseil historique marque le retour de l’Europe politique, une Europe qui s’affirme, va de l’avant et surtout une Europe unie », a jugé le ministre des affaires européennes Laurent Wauquiez, dans un entretien accordé au journal Direct Matin. « Kadhafi a franchi une ligne rouge en s’attaquant à son propre peuple », ajoute-t-il.

« Rien ne serait plus puéril que d’imaginer que la diplomatie française capable d’agir seule. Il ne faut pas avoir de faux orgueil », affirme-t-il.