Pour le PS, l’avenir de l’Europe passe par la coopération franco-allemande
Le parti propose qu’un « groupe pionnier adossé à la France et l’Allemagne » soit le moteur de nouvelles réformes institutionnelles, économiques et diplomatiques de l’UE.
Le parti propose qu’un « groupe pionnier adossé à la France et l’Allemagne » soit le moteur de nouvelles réformes institutionnelles, économiques et diplomatiques de l’UE.
Le parti socialiste a rendu public, mardi 5 avril, son projet pour l’élection présidentielle de 2012. Dans ce programme d’une trentaine de pages, présenté par la première secrétaire Martine Aubry, les questions européennes sont essentiellement abordées sous l’angle économique.
«L’Europe n’est plus le cœur de l’Occident, qui n’est plus au centre de la planète», peut-on lire dans le texte. Le document dresse un tableau assez noir de l’Union, en proie à un « inachèvement politique et social », « où la croissance est la plus faible et le chômage le plus élevé ». « Les dirigeants de la zone euro imposent une austérité systématique qui va ralentir la sortie de crise et nourrir le cercle fatal de la dépression », ajoute le texte.
Pour les socialistes, il faut donc faire «redémarrer» l’Europe et la transformer en une «zone de croissance durable». Ils proposent notamment de renforcer la coordination économique des pays de l’UE en la fondant sur un «pilotage fin de la monnaie et du budget, l’intégration de l’économie et de l’écologie, la souveraineté énergétique et le développement des énergies renouvelables».
Moteur franco-allemand
Le texte préconise l’utilisation des «coopérations renforcées». Cette procédure, qui existe depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, permet à certains États membres de mettre en œuvre de nouvelles règles lorsqu’un accord unanime entre les États membres ne peut être trouvé.
«Proposons un groupe pionnier adossé à la France et à l’Allemagne, autour d’objectifs précis et de frontières claires.» Ce groupe serait le «moteur» de nouvelles réformes institutionnelles afin de permettre «une nouvelle gouvernance économique», un «renforcement des capacités diplomatiques» et «l’approfondissement démocratique pour que chaque Européen devienne partie prenante de l’Europe».
Concrètement cette «dynamique franco-allemande» aboutirait à un «office franco-allemand de la recherche» qui pourrait emprunter pour financer les projets des chercheurs et universitaires européens.
Eurobonds
Dans le secteur des transports, le PS propose aussi la réalisation d’une ligne de TGV reliant Paris à Berlin «d’ici la fin de la décennie». Cette infrastructure reposerait sur un «co-investissement franco-allemand».
Sur le plan économique, les socialistes réclament la naissance d’un emprunt européen, sous forme d’eurobonds, pour financer les projets d’avenir de l’UE. Une idée déjà défendue par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Au programme également, l’instauration d’une «assiette comune et d’un taux minimal de l’impôt sur les sociétés», qui ressemble fort au projet de la Commission européenne, qui suscite un vif débat parmi les États membres.
Le PS plaide aussi pour une taxation de 0,05% des transactions financières au sein de l’UE «si elle n’a pas été adoptée d’ici là, malgré les intentions du G20», affirme le texte. Car là aussi, la proposition est déjà sur la table.
Intervention militaire tardive
Les «dépenses d’avenir» comme l’éducation, l’enseignement supérieur ou la recherche doivent être traitées à part dans le pacte de stabilité et de croissance» afin d’«orienter les dépenses publiques en Europe vers la préparation du futur».
Sur le plan commercial, le projet socialiste appelle à l’établissement d’un « nouveau pacte » fondé sur « la réciprocité des règles et des sauvegardes »». Le parti de Martine Aubry souhaite qu’en cas d’échec durable des négociations de l’OMC, «les droits de douane au niveau européen» soient augmentés «sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale».
Enfin, le PS accuse Nicolas Sarkozy d’être intervenu trop tardivement en Libye, et de ne pas avoir voulu «fédérer les Européens autour d’une initiative partagée». Il n’a pas non plus obtenu «la mise en place d’une défense européenne pourtant annoncée lors du retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’Otan», regrette le parti.