Pour le maire de Saint-Omer, l'UE ne doit pas « se limiter à un compte en banque »

Les élus locaux ont un rôle à jouer pour rapprocher l'Union européenne des citoyens et pour montrer qu'elle ne se résume pas à des cofinancements, a souligné le maire de Saint-Omer, François Decoster, au cours d'un entretien avec EURACTIV France.

Euractiv France
This article is part of our special report "Les communautés européennes et leur vision de l’avenir de l’Europe"
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Les habitants de Saint-Omer ont participé jeudi 13 janvier à un atelier citoyen organisé dans le cadre de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe [Mairie de Saint-Omer]

Les élus locaux ont un rôle à jouer pour rapprocher l’Union européenne des citoyens et pour montrer qu’elle ne se résume pas à des cofinancements, a souligné le maire de Saint-Omer, François Decoster, au cours d’un entretien avec EURACTIV France.

Au 1er janvier 2021, la France comptait près de 35 000 communes sur son territoire — soit autant de relais entre l’UE et les citoyens français à en croire le maire de Saint-Omer, François Decoster.

Saint-Omer est une ville du nord de la France, accueillant près de 15 000 habitants et dont l’histoire et la géographie, selon son maire, lui offre un ancrage particulier à l’UE.

« Les élus du territoire sont un relais qui est maintenant plus évident pour les institutions européennes », note M. Decoster. Et d’ajouter : « En dix ans de temps, j’ai vu beaucoup évoluer l’attention que nous accordait la Commission », précisant que si le travail avec le Parlement européen « s’est beaucoup amélioré », il y avait encore à faire du côté du Conseil.

M. Decoster est à la tête de la mairie depuis 2 014, membre du Conseil régional des Hauts-de-France. En tant qu’Européen convaincu, il siège également au Comité européen des régions (CdR) dans les rangs du groupe Renew.

Le CdR est un organe consultatif de l’UE qui rassemble les représentants locaux et régionaux à travers le bloc, pour leur permettre de faire entendre directement leur voix auprès des institutions européennes.

« On est 1,1 million d’élus locaux et régionaux dans toute l’UE. Il s’agit d’un groupe extrêmement important de citoyens qui sont engagés dans la vie de leur territoire », explique M. Decoster à EURACTIV France.

Convaincu qu’il est primordial de parler d’Europe au niveau local, le maire de Saint-Omer a mis en place des correspondants, chargés de démocratiser l’actualité européenne.

L’élu organise également chaque année une « balade européenne » au cours de laquelle ses administrés peuvent découvrir les bâtiments et infrastructures qui ont vu le jour grâce aux fonds européens ou qui en bénéficient au quotidien, comme les missions locales.

Mais il ne faut pas « limiter l’Europe à un compte en banque », prévient M. Decoster.

Conférence sur l’Avenir de l’Europe

Les habitants de Saint-Omer ont ainsi participé jeudi 13 janvier à un atelier citoyen organisé dans le cadre de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe, une série de consultations censée faire émerger de nouvelles idées pour améliorer l’UE.

Les citoyens de douze territoires, répartis dans huit pays membres, ont pu échanger et faire émerger des propositions sur le sujet.

« [Les participants] m’en parlent encore ! Pas comme quelque chose qui va rapporter des cofinancements communautaires, mais comme une vraie manifestation d’identité commune européenne », se réjouit M. Decoster.

Ils sont parvenus à trois grandes recommandations : l’UE doit travailler à rapprocher les instances européennes et les citoyens du bloc, prendre le leadership en matière de lutte contre le réchauffement climatique et, enfin, revoir sa stratégie d’accueil des migrants en se montrant plus « solidaire ».

Sur ce dernier point, le maire de Saint-Omer note qu’il y a une volonté que « chacun prenne sa part de responsabilités », alors que sa ville se situe à une quarantaine de kilomètres de Calais et qu’il estime, non sans fierté, avoir « fait [sa] part » et « avec de belles réussites d’intégration ».

Ces observations doivent venir nourrir les débats l’assemblée plénière de la Conférence. La France espère bien voir la fin de ce processus de refonte démocratique, initié en 2021, sous sa présidence du Conseil de l’UE.

« La Conférence sur l’avenir de l’Europe ne sera pas un échec », avait assuré le président Emmanuel Macron aux journalistes début janvier.