Pour le Danemark, l’UE doit devenir "responsable"
Le ministre danois des affaires européennes, Nicolai Wammen a précisé les quatre priorités du Danemark pour le premier semestre 2012. Le pays ne prendra pas les rênes de la négociation de l’accord du 9 décembre.
Le ministre danois des affaires européennes, Nicolai Wammen a précisé les quatre priorités du Danemark pour le premier semestre 2012. Le pays ne prendra pas les rênes de la négociation de l’accord du 9 décembre.
Au 1er janvier 2012, « do widzenia » la Pologne, « hej » le Danemark à qui revient la présidence tournante de l’UE pour six mois.
Simon and Garfunkel
A deux semaines de l’échéance, le ministre danois des Affaires européennes était de passage vendredi 16 décembre à Bruxelles où il a pu expliquer les priorités que son pays veut donner à l’Europe pour les mois à venir.
Elles sont au nombre de quatre. Pour Nicolai Wammen, l’UE doit devenir « responsable » et respecter les engagements successifs qu’elle a pu prendre pour enrayer la crise de la zone euro. Copenhague y veillera, même s’il ne dispose pas de la monnaie unique. Sujet sensible par excellence, le futur cadre financier de l’UE pour 2014-2020 sera aussi au cœur des préoccupations danoises.
Le ministre a cité le nom d’un album des chanteurs Simon and Garfunkel comme métaphore du travail qui l’attend : construire « des ponts au dessus des eaux troubles » (Brigde Over Troubled Water).
Ne pas rater le coche
2012 marquera les 20 ans de la création du marché unique. Le Danemark entend bien profiter de ses six mois de présidence pour le « stimuler ». Le gouvernement estime qu’il n’est pas encore utilisé à plein rendement et qu’une partie de la croissance que l’Europe cherche désespérément s’y trouve.
Ce qui amène directement à la troisième priorité : l’économie verte, « durable à long terme ». Le ministre estime que « des emplois verts vont être créés » dans les années à venir, reste à savoir « s’ils le seront ici ou ailleurs ». Le risque serait de rater le coche et « que les compétences quittent l’Europe ».
Remerciements
Le dernier axe de la présidence danoise portera sur la sécurité et les relations extérieures. Nicolai Wammen s’est déclaré optimiste sur la candidature serbe à l’UE ainsi que sur l’ouverture des négociations avec le Monténégro. Il a dit vouloir travailler en lien étroit avec la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, pour que l’Europe puisse parler d’une seule voix.
Le ministre a aussi profité de l’occasion pour remercier la présidence polonaise pour son « excellent travail » alors que l’Europe « vit des moment particulièrement difficiles ». Mais le Danemark, qui ne fait pas partie de la zone euro, a également prévenu qu’il ne dirigerait pas les discussions sur l’accord intergouvernemental adopté à Bruxelles le 9 décembre. Le pays sera en retrait par rapport au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a déclaré le ministre.
Virage européen
Il a ajouté que les affaires européennes seraient « une priorité pour tout le gouvernement » de son pays. Dans une interview accordée à EURACTIV.fr en octobre dernier, Nicolai Wammen avait déjà déclaré que le Danemark avait « pris un virage européen » après les années de scepticisme de l’ancien gouvernement de centre droit soutenu par l’extrême droite.
Le nouveau premier ministre, la socialiste Helle Thorning-Schmidt est elle-même une européenne convaincue. Ancienne élève du Collège d’Europe, elle est mariée à un Britannique et a été députée à Strasbourg entre 1999 et 2004.