Pour le commissaire Piebalgs, la nouvelle politique énergétique de l’UE entraînera une hausse des prix

Lors d’un entretien exclusif avec EURACTIV, le commissaire à l’énergie, Andris Piebalgs, a estimé que les nouvelles propositions en matière d’énergie et de lutte contre le changement climatique devraient entraîner une hausse des prix pour les consommateurs. Toutefois, selon lui, payer 5% de plus maintenant évitera des pics de prix à l’avenir.

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Lors d’un entretien exclusif avec EURACTIV, le commissaire à l’énergie, Andris Piebalgs, a estimé que les nouvelles propositions en matière d’énergie et de lutte contre le changement climatique devraient entraîner une hausse des prix pour les consommateurs. Toutefois, selon lui, payer 5% de plus maintenant évitera des pics de prix à l’avenir.

En Bref :

Selon le commissaire européen à l’énergie, les mérites de l’intégration du marché sont indiscutables. Une semaine après avoir présenté les nouvelles propositions de la Commission en matière d’énergie et de changement climatique, il déclare dans un entretien avec EURACTIV : « Nous savons que le marché propose les meilleurs prix et le meilleur service ».

Il estime que la naissance d’un marché du CO2 européen devrait être au coeur de la stratégie de la Commission. Il demande : « Qu’est-ce qu’une politique énergétique? C’est un marché commun de l’énergie qui fonctionne à certaines conditions d’investissements ».

« Ensuite, quelle est la motivation commune pour investir au sein de l’Union? C’est le prix du carbone. Je pourrais donner l’avantage à certaines technologies, à certaines sources d’énergie renouvelable, etc., mais cela ne marchera pas à grande échelle si on ne fixe pas un prix pour le carbone ».

Le changement climatique a bien sûr gagné en importance sur l’agenda bruxellois, la réduction des émissions de gaz à effet de serre étant considérée comme susceptible d’avoir des avantages sur le long terme concernant la sécurité de l’approvisionnement énergétique, la compétitivité industrielle et la protection de l’environnement.

L’évolution subtile de la terminologie indique un changement clair. Quelques jours avant sa publication, le « paquet énergie » de la Commission tant attendu a été renommé « paquet intégré de mesures dans le domaine de l’énergie et du changement climatique ». Au coeur de la proposition de la Commission se trouve une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE d’ici 2020, un objectif que Bruxelles souhaite voir l’Europe poursuivre « de façon unilatérale », même en cas d’échec des négociations sur un accord international post-Kyoto avec les États-Unis et d’autres grands émetteurs.

Toutefois, le commissaire maintient catégoriquement que Bruxelles n’a pas abandonné en route l’idée d’une politique énergétique commune européenne. Soutenant que de nouvelles réductions de gaz à effet de serre « avaient toujours été prévues »  : « Mon but a toujours été de fonder la politique énergétique sur les mesures de lutte contre le changement climatique ».

Mais il prévient également qu’il en coûtera aux gouvernements et aux consommateurs s’ils veulent atteindre les objectifs de la « nouvelle révolution industrielle » de l’énergie de la Commission.

Il indique : « Nous tablons sur une augmentation des prix de 5% ».

A la question de savoir si cela ne susciterait pas l’opposition des citoyens, qui s’inquiètent au sujet de la hausse des prix de l’énergie, A. Piebalgs répond que la ces futures hausses sont « inévitables ».

« Si nous ne payons pas ces 5% maintenant, nous paierons plus tard 20 ou 50% de plus en raison de la hausse des prix du pétrole. Etant données la consommation actuelle et les réserves, ce ne sera sûrement pas en 5 ans que nous passerons à un baril de pétrole à 60$, il faut oublier ça! Et il en va de même pour les prix du gaz ».

Il n’exclut toutefois pas des mesures spécifiques à destination des citoyens les plus pauvres : « Dans le même temps, nous reconnaissons qu’il faut soutenir les plus pauvres, avec une obligation de service universel ».

« Vous pouvez poser des règles différentes pour les consommateurs particuliers, mais il ne faudrait pas contredire les règles fondamentales du marché sous peine de rendre les investissements inefficaces ».

Enfin, il estime que la concurrence est « la meilleure manière de dépenser aussi peu d’argent que possible pour obtenir de nouvelles capacités de production », soulignant que l’Europe a besoin d’investissements à hauteur d’environ 900 milliards d’euros dans les 25 prochaines années.

« D’où prendrez-vous cet argent? Il viendra de la répercussion sur les prix, c’est inévitable! ». 

Cliquez ici pour lire l’entretien avec Andris Piebalgs dans son intégralité et en savoir plus sur la vision de la Commission en matière de nucléaire, d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique, de capture et de stockage de carbone, etc.