Pour le commissaire au Commerce, l’excédent commercial de l’UE avec les États-Unis est insignifiant

L’excédent commercial de l’UE avec les États-Unis représente « une goutte d’eau dans l’océan » du commerce transatlantique et ne justifie « en rien » les menaces de droits de douane brandies par Donald Trump, selon le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič.

EURACTIV.com
Day 2 Of ‘Agreement 25’ Conference In Belfast
Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. [Niall Carson - Pool/Getty Images]

L’excédent commercial de l’Union européenne (UE) avec les États-Unis représente « une goutte d’eau dans l’océan » du commerce transatlantique et ne justifie « en rien » les menaces de droits de douane sur les importations américaines brandies par le président américain Donald Trump, selon le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.

En amont d’une réunion avec des responsables américains, Maroš Šefčovič a déclaré que l’excédent net de 50 milliards d’euros de l’UE est « relativement faible » et ne représente que 3 % des 1 500 milliards d’euros d’échanges transatlantiques de biens et de services.

« C’est une petite fraction, je dirais une goutte d’eau dans l’océan si vous voulez, de nos échanges économiques globaux », a-t-il affirmé lors d’un événement organisé par l’American Enterprise Institute, un think tank américain basé à Washington.

Le commissaire a ajouté que l’excédent de 150 milliards d’euros du bloc en matière de biens est « presque compensé » par son déficit de 100 milliards d’euros en matière de services et que l’excédent net de l’UE est donc en fin de compte « déterminé par les préférences des consommateurs européens et américains ».

Il a également noté que les droits de douane envisagés par Donald Trump « créeraient des obstacles inutiles » aux exportations de l’UE et ne laisseraient à Bruxelles « d’autre choix que de réagir fermement et rapidement ».

« Mais nous espérons éviter ce scénario […] et rester engagés dans un dialogue constructif », a-t-il ajouté.

Maroš Šefčovič s’entretiendra plus tard dans la journée avec de hauts responsables de l’administration Trump, dont le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, le représentant au Commerce désigné, Jamieson Greer, et le chef du Conseil économique national, Kevin Hassett.

La veille de ces remarques, le président américain avait réitéré ses critiques à l’encontre des politiques commerciales de l’UE et répété son affirmation erronée selon laquelle le déficit des États-Unis avec l’UE s’élève à 350 milliards de dollars (335 milliards d’euros).

« Ils ne prennent pas nos voitures, ils ne prennent pas nos produits agricoles. Ils ne prennent presque rien. Et nous allons devoir remédier à cela », a-t-il affirmé.

Depuis son retour à la Maison-Blanche le mois dernier, Donald Trump a annoncé des droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium et des « tarifs réciproques » visant à égaler les taxes à l’importation d’autres pays.

D’après la Maison-Blanche, les droits de douane sur l’acier et l’aluminium devraient entrer en vigueur le 12 mars, tandis que les droits réciproques pourraient être mis en œuvre dès le 2 avril.

Selon les analystes et les groupes industriels, les taxes envisagées porteraient un coup sévère à l’économie européenne, dont la croissance devrait être trois fois moins importante que celle des États-Unis au cours des cinq prochaines années.

Le secteur automobile est particulièrement vulnérable. Les États-Unis sont la première destination de ses exportations, avec des achats de voitures et de composants automobiles européens d’une valeur de 56 milliards d’euros en 2023, selon Oxford Economics.

Pour exacerber ces inquiétudes, Donald Trump a également déclaré mardi qu’un nouveau droit de douane sur les importations de voitures sera « probablement » annoncé le 2 avril et « avoisinera les 25 % ».

Faisant écho aux propos tenus au cours du week-end, Maroš Šefčovič a suggéré mercredi que Bruxelles pourrait réduire son prélèvement actuel de 10 % sur les automobiles, qui est actuellement quatre fois plus élevé que le taux américain.

« Nous sommes prêts à examiner les droits de douane sur les voitures », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’efforcerait de trouver une « solution commune […] article par article » avec ses homologues américains.

(AM)