Pour l'OCDE, la montée des prix agricoles est une opportunité pour les pays en développement

Cette évolution doit conduire les Etats à modifier leurs stratégie de lutte contre l'insécurité alimentaire, souligne l'organisation. Les transferts sociaux et les investissements doivent remplacer les soutiens directs à la production agricole.

EURACTIV.fr

Cette évolution doit conduire les Etats à modifier leurs stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire, souligne l’organisation. Les transferts sociaux et les investissements doivent remplacer les soutiens directs à la production agricole.

A l’origine des « émeutes de la faim », l’envolée des prix des denrées alimentaires en 2008 et 2009 a alerté la communauté internationale.

Le problème de la sécurité alimentaire est récurrent, il renvoie à un problème chronique, lié à la pauvreté et non au renchérissement, souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport rendu public mercredi 19 juin à Bruxelles.

Baisse des prix qui désincite

Mais la montée des cours mondiaux n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour les pays en développement. « Il y a de meilleures opportunités pour les petits agriculteurs de développer des commerces viables », dit le rapport.

A l’inverse, la baisse des prix tourne au désavantage des petits producteurs, dont les progrès en termes de productivité agricole sont annulés par des prix à la vente plus bas.

Davantage que les montants, la volatilité des prix constitue un problème.

Lire : L’agence française de développement prête à mieux financer l’agriculture

L’avenir hors de l’agriculture

La vulnérabilité aux crises alimentaires restera irrésolue si les revenus des populations ne croissent pas, rappelle l’OCDE. Les investissements dans le secteur agricole et les infrastructures jouent un rôle essentiel pour réaliser des gains de productivité.

Mais, l’avenir des ménages se trouve à l’extérieur du secteur, « dans de nouvelles activités plus rémunératrices » comme les services ou le secteur manufacturier, souligne le rapport. 

Car aujourd’hui, l’agriculture de subsistance domine toujours au sein des populations rurales : en Afrique, « les pauvres manquent de terres, de capital et de formation pour répondre rapidement aux opportunités de marché et au progrès technique », écrivent les auteurs.

Les normes sanitaires de production qui existent sur les marchés nationaux et internationaux débouchent sur une « polarisation croissante entre l’agro-business et les petites cultures agricoles », au détriment de ces dernières qui ne profitent pas du commerce.

Cibler les populations et les investissements

Souvent utilisé comme recours, la régulation des prix du marché par des subventions agricoles n’est pas une solution adaptée, selon l’OCDE, car les petits agriculteurs sont à la fois acheteurs et vendeurs de denrées alimentaires.

A terme, les quotas à l’exportation n’incitent pas à augmenter la production agricole et rendent les relations commerciales avec l’extérieur plus instables.

Or la croissance démographique augmentera fortement la demande en produits agricoles ces prochaines décennies.

Plutôt que de soutenir la production agricole, les aides publiques devraient être utilisées dans les transferts sociaux ciblées sur les populations vulnérables et servir au développement des assurances, en cas de défaillances du marché ou de catastrophes naturelles.

Le financement de la recherche agricole est également recommandé, ajoute l’organisation pour laquelle les pays en développement ne pourront tirer des bénéfices du commerce international sans une libéralisation réciproque des marchés agricoles dans les pays développés.