Pour Juppé, l’UE doit être capable d’utiliser des moyens militaires
Devant des journalistes, le ministre des Affaires étrangères est notamment revenu sur l’attitude de l’Allemagne au cours de la crise libyenne.
Devant des journalistes, le ministre des Affaires étrangères est notamment revenu sur l’attitude de l’Allemagne au cours de la crise libyenne.
«Pour beaucoup de nos partenaires, l’Union européenne est une ONG humanitaire. Ce n’est pas notre conception.» Le mot est d’Alain Juppé. Jeudi 24 mars, le ministre des Affaires étrangères est revenu sur la situation en Libye, quelques heures avant le début du sommet des dirigeants européens à Bruxelles.
Pour le ministre des Affaires étrangères, l’Union européenne doit être une puissance «capable d’utiliser des moyens militaires». «Nous avons été capables de monter des opérations militaires dans le passé. Il faut continuer dans ce sens», a précisé Alain Juppé, en faisant allusion aux interventions anti-piraterie pilotées par l’UE dans le golfe d’Aden, au-dessus de la Somalie.
Les pays européens sont profondément divisés sur l’opportunité d’une offensive militaire en Libye. Face à la France et au Royaume-Uni, partisans de l’usage de la force, la chancelière allemande Angela Merkel préfère opposer des sanctions diplomatiques et militaires à Tripoli. Berlin s’est donc abstenu lors du vote de la résolution de l’ONU.
Sortie de crise
A la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, lundi 21 mars à Bruxelles, le ministre allemand, Guido Westerwelle, a réitéré cette position. «L’Allemagne n’a pas voulu que l’Union européenne s’occupe d’autre chose que d’humanitaire», a rappelé M. Juppé, qui a précisé que Berlin avait refusé que l’Union européenne participe à la mise en place d’un blocus maritime en Libye. Mardi 22 mars, le pays a décidé de soustraire quatre de ses navires de guerre en Méditerranée au commandement de l’Otan.
«L’Allemagne a une position très claire : le refus de toute utilisation de la force», a affirmé le ministre français. Avant d’ajouter : «Seul l’emploi de la force peut arrêter un dictateur.»
Malgré tout, le ministre a dit vouloir travailler «en étroite collaboration» avec son homologue allemand. «Il a ses positions, j’ai les miennes. C’est la vie», a-t-il relativisé. Il faut dire que les européens tentent désormais de trouver un consensus sur la sortie de crise. La situation en Libye devrait concentrer une grande partie des discussions au sommet de Bruxelles.
Une réunion, co-organisée par la France et le Royaume-Uni, se tiendra à Londres, mardi 29 mars. Les participants devraient eux aussi faire un point sur la situation, avant d’envisager les mesures à mettre sur pied dès la fin des opérations militaires. Dans l’UE, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne sont engagés dans l’intervention.