Pour Joe Biden, une invasion russe en Ukraine signerait la fin du Nord Stream 2

Lors de la première visite du chancelier allemand Olaf Scholz à Washington, le Président américain Joe Biden a insisté sur le fait que le Nord Stream 2 devrait prendre fin si la Russie venait à envahir l’Ukraine.

EURACTIV.com
US President Joe Biden hosts Chancellor of Germany Olaf Scholz at the White House
Le Président américain Joe Biden (D) et le chancelier allemand Olaf Scholz (G) lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le 7 février 2022. [MICHAEL REYNOLDS/EPA]

Lors de la première visite du chancelier allemand Olaf Scholz à Washington, le Président américain Joe Biden a insisté sur le fait que le Nord Stream 2 devrait prendre fin si la Russie venait à envahir l’Ukraine.

Durant la conférence de presse qui a suivi la rencontre des deux chefs d’État, Joe Biden a clairement indiqué que l’avenir de ce gazoduc controversé serait lié à l’évolution de la crise actuelle à la frontière russo-ukrainienne.

« Si la Russie envahit, c’est-à-dire si des chars ou des troupes passent la frontière de l’Ukraine, alors il n’y aura plus de Nord Stream 2. Nous y mettrons fin », a insisté M. Biden lors de la conférence de presse conjointe avec M. Scholz qui a eu lieu lundi 7 février.

« L’idée que Nord Stream 2 puisse progresser en cas d’invasion par les Russes ne peut tout simplement pas se concrétiser », a ajouté le Président américain.

M. Scholz a hésité à répéter la déclaration claire de M. Biden concernant la fermeture du gazoduc sous-marin controversé qui doit relier la Russie et l’Allemagne.

Il a toutefois souligné que les éventuelles sanctions seraient prises en étroite concertation avec ses alliés de l’OTAN.

« Nous avons tout préparé avec soin pour être prêts à appliquer les sanctions nécessaires en cas d’agression militaire contre l’Ukraine », a souligné M. Scholz, insistant sur le fait qu’il avait déjà convenu de l’étendue et de la portée des sanctions avec ses partenaires de l’OTAN.

« Cela fait partie de ce processus que nous ne dévoilons pas publiquement », a précisé M. Scholz.

« Vous pouvez être sûrs qu’il n’y aura pas de mesures pour lesquelles nous avons une approche différente. Nous agirons ensemble, conjointement », a-t-il ajouté.

Les hésitations du chancelier allemand

Le Nord Stream 2 constitue un problème de longue date au sein de l’alliance occidentale. Alors que les États-Unis et de nombreux États membres de l’Union européenne ont demandé à l’Allemagne de mettre un terme à ce projet par crainte d’une dépendance accrue vis-à-vis de la Russie pour son approvisionnement en gaz, Berlin s’est jusqu’à présent accroché au projet.

De ce fait, M. Scholz a particulièrement hésité à faire référence à Nord Stream 2 comme l’une des options potentielles pour les sanctions en cas d’agression russe en Ukraine.

Alors que la ministre des Affaires étrangères allemande Annalena Baerbock a déclaré que l’arrêt du Nord Stream 2 était l’une des options possibles de sanction, M. Scholz est quant à lui resté vague sur la question. Il s’est contenté de dire que la Russie serait confrontée à des « sanctions sévères » si elle devait lancer une attaque contre l’Ukraine — sans préciser ce que ces sanctions impliqueraient.

L’Allemagne se retrouve de plus en plus sous le feu croisé des alliés européens et transatlantiques en raison de sa réticence à adopter une position claire sur le renforcement militaire de la Russie à la frontière ukrainienne.

Jusqu’à présent, M. Scholz n’a pas été en contact avec le Kremlin, ni avec le Président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, ce qui a conduit le journal allemand Der Spiegel à le qualifier de « presque invisible, inaudible » dans la crise actuelle en Ukraine.

Récemment, des membres du Congrès américain ont également mis en doute la fiabilité de l’Allemagne. Joe Biden a toutefois réfuté l’idée que l’Allemagne ne serait pas à la hauteur de ses responsabilités au sein de l’Alliance.

« Il n’y a aucun besoin de regagner la confiance. L’Allemagne a la confiance totale des États-Unis », a déclaré Joe Biden.

« L’Allemagne est totalement fiable. Je ne doute pas du tout de l’Allemagne », a-t-il finalement ajouté.