Pour assurer sa réélection, Ursula von der Leyen devra coopérer avec les CRE, selon Antonio Tajani

La coalition qui soutient Ursula von der Leyen parviendra à un accord avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, car c’est le seul moyen d’assurer un second mandat à l'actuelle présidente de la Commission, selon Antonio Tajani.

EURACTIV Italie
Italy-Africa summit in Rome
Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani (gauche) et la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen lors du sommet Italie-Afrique au Sénat italien à Rome, Italie, le 29 janvier 2024. [EPA-EFE/FABIO CIMAGLIA]

La coalition qui soutient Ursula von der Leyen parviendra à un accord avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, car c’est le seul moyen d’assurer un second mandat à l’actuelle présidente de la Commission, a déclaré le vice-Premier ministre italien et vice-président du Parti populaire européen (PPE) Antonio Tajani.

Dans un entretien accordé au quotidien Corriere della Sera lundi (1er juillet), Antonio Tajani, également secrétaire du parti italien Forza Italia (PPE), a affirmé être confiant quant à la reconduction d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission.

Il ne fait aucun doute qu’Ursula von der Leyen « passera le vote, mais elle sera obligée de se rapprocher des conservateurs, et je crois qu’elle le fera », a affirmé le vice-président au quotidien italien.

« Jusqu’au 18 [juillet], je travaillerai dans ce sens. Nous devons nous ouvrir aux conservateurs, menés par [Giorgia] Meloni, si nous voulons qu’Ursula von der Leyen obtienne les voix [requises]. Pour des raisons de stabilité, il est important que la majorité de soutien soit large et certaine », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que les négociations entre Giorgia Meloni, Première ministre italienne, dirigeante de Fratelli d’Italia (FdI) et présidente du parti européen CRE, et Ursula von der Leyen progressaient, notant que cette dernière « a besoin des votes de Fratelli d’Italia pour être sûre d’être élue ».

Il a souligné la nécessité d’une coalition plus large pour soutenir la deuxième Commission von der Leyen, car, même si la coalition au pouvoir dispose déjà d’un nombre suffisant de voix, le scrutin à bulletin secret pourrait amener certains membres de celle-ci à se retourner contre elle.

Dans ce scénario, les 83 membres des CRE, désormais troisième groupe au Parlement européen après avoir dépassé Renew, seraient décisifs.

Antonio Tajani se trouve dans une position délicate, car Forza Italia reste un membre fidèle du PPE, mais constitue également le noyau modéré de la coalition au pouvoir en Italie.

Les partis d’extrême droite Fratelli d’Italia et Lega de Matteo Salvini, tous deux dans un gouvernement de coalition avec Forza Italia, se sont fermement opposés à la méthode de nomination des top jobs, et Giorgia Meloni s’est abstenue lors du vote sur la nomination d’Ursula von der Leyen.

« J’ai protesté lors de la réunion [pré-sommet] du PPE pour que l’on accorde plus d’attention à nos demandes [celles de l’Italie] », a souligné Antonio Tajani.

Il est convaincu que l’Italie « a le droit d’occuper une position importante » dans le nouvel exécutif de l’UE et que le pays, troisième économie de l’UE, « ne peut se passer d’un [poste] important [de] commissaire et [de] vice-président ».

Selon lui, le ministre des Affaires européennes, Raffaele Fitto, membre des FdI, serait un bon candidat.

« Le commissaire doit avoir certaines caractéristiques : connaître les rouages de Bruxelles, être connu et pouvoir passer les auditions. [Raffaele] Fitto remplit toutes ces conditions », a ajouté Antonio Tajani. Le ministre FdI a en effet pendant longtemps occupé un siège au Parlement européen, et était co-président du groupe CRE avant Nicola Procaccini.

[Édité par Anna Martino]