Pologne : un « stakhanoviste » à la barre de l'UE ?

La Pologne s'est bien préparée à la présidence de l'UE, a déclaré Ewa Sinowiec, la responsable du bureau de la Commission européenne en Pologne. Elle a affirmé que le pays serait « stakhanoviste » et perfectionniste. Un reportage d'EURACTIV Pologne.

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La Pologne s'est bien préparée à la présidence de l'UE, a déclaré Ewa Sinowiec, la responsable du bureau de la Commission européenne en Pologne. Elle a affirmé que le pays serait « stakhanoviste » et perfectionniste. Un reportage d'EURACTIV Pologne.

Mme Sinowiec, lors d'une réunion des ambassades des pays de l'UE à Varsovie, s'est déclarée optimiste quant à la préparation de la Pologne pour mener les débats souvent houleux au Conseil des ministres de l'UE qui doivent aboutir à un consensus entre les 27 Etats membres.

« J'observe ces préparatifs depuis le mois d'octobre. Tout est fait avec minutie. Je leur souhaite le meilleur et j'espère qu'ils parviendront à mener à bien la présidence dans ces temps difficiles de campagne électorale », a déclaré Mme Sinowiec.

La Pologne organisera des élections législatives à mi-parcours de sa présidence de l'UE, le 30 octobre. Ces élections devraient confirmer la position de la Plate-forme civique, le parti au pouvoir du premier ministre, Donald Tusk, comme principale force politique du pays, selon des sondages d'opinion.

« Leur approche du travail est un peu celle d'« Alexeï Stakhanov », dans le sens positif du terme. C'est comme lors des négociations d'adhésion : les gens sont tous mobilisés et j'ai remarqué que le travail était mieux fait lorsqu'il y a un objectif clair », a ajouté Mme Sinowiec.

Le stakhanovisme fait référence à un mouvement des années 1930 dans la Russie communiste. Il tire son nom d'un mineur, Alexeï Stakhanov, qui avait réussi à extraire 14 fois le quota de charbon habituel, établissant ainsi la notion de « compétition socialiste ».

La diplomate de l'UE a expliqué qu'au ministère des affaires étrangères, un « noyau dur » s'occupait des affaires européennes depuis longtemps et avait beaucoup d'expérience.

« C'est la première présidence polonaise, c'est une sorte de test de maturité pour nous », a ajouté Mme Sinowiec, en charge de la représentation de la Commission européenne en Pologne depuis octobre dernier.

Faire preuve d'une bonne utilisation des fonds de l'UE

Varsovie souhaite attirer l'attention sur le soutien « sans égal » de sa population en faveur de l'UE. L'Union est soutenue par près de 80 % de la population, et en temps de crise, les Polonais ont davantage confiance dans les institutions européennes que dans leurs autorités nationales, a-t-elle précisé.

Varsovie souhaite pouvoir montrer qu'elle a su résister à la crise économique mondiale, entre autres, grâce à sa bonne utilisation et orientation des fonds de l'UE.

Comme EURACTIV l'a déjà mentionné, la Pologne espère influencer les futures négociations sur le budget de l'UE à long terme après 2014.

« [Les financements européens] bénéficient à la Pologne, et aux autres Etats membres de l'UE », a insisté M. Sinowiec.

La responsable du bureau de la Commission à Varsovie a également insisté sur le fait que le gouvernement polonais, à la demande de l'UE, s'était engagé à réduire son déficit budgétaire l'année prochaine.

« Nous croisons les doigts pour qu'ils y parviennent, car cela pourrait s'avérer difficile », a-t-elle déclaré, soulignant que la Pologne, qui a rejoint le pacte euro plus visant à instaurer des limites constitutionnelles à la dette publique, dispose de garde-fous de ce type dans sa constitution depuis longtemps.

Gaz non conventionnel et relations orientales

Mme Sinowiec a confirmé que la Pologne promouvrait le développement du gaz non conventionnel et qu'il s'agirait de l'une des priorités de sa présidence de l'UE.

« Nous parlerons bien évidemment du gaz de schiste qui offre à la Pologne, mais aussi à toute l'Europe, une chance de diversifier ses sources d'énergie et de passer à une économie à faibles émissions de carbone », a-t-elle ajouté.

La responsable du bureau de l'UE en Pologne a également mentionné les ambitions de Varsovie de développer les relations de l'Union avec ses voisins de l'Est.

« Je suis fière de voir que le projet du Partenariat oriental a été mené à bien. Désormais, Varsovie se tourne également vers l'Afrique du Nord. C'est un signe de maturité que Varsovie ne se limite pas à ses priorités régionales », a-t-elle expliqué.

Aujourd'hui, les responsables des représentations de l'UE dans l'Union vont écouter les représentants du gouvernement polonais exposer les priorités de la présidence polonaise.

Jacek Dominik, le sous-secrétaire d'État au ministère des finances, parlera de l'Union européenne en tant que source de croissance économique. Krzysztof Stanowski, le sous-secrétaire d'Etat en charge de la coopération au développement au ministère des affaires étrangères, abordera les avantages de l'élargissement de l'UE et la stabilité dans les pays voisins de l'Europe.

Au cours de l'après-midi, le ministre des affaires européennes, Miko?aj Dowgielewicz, parlera des négociations sur le futur budget pluriannuel de l'UE, qui devraient bientôt commencer. Ensuite, Marcin Korolec, le sous-secrétaire d'État au ministère de l'économie, se concentrera sur les aspects extérieurs de la politique énergétique qui fait partie de la priorité « Une Europe sûre » de la présidence polonaise.

Varsovie organisera un dîner avec Leszek Balcerowicz, le père des réformes qualifiées de « thérapie de choc » en Pologne au début des années 1990. Il fut brièvement considéré comme un candidat potentiel à la tête du Fonds monétaire international.

« Le professeur Balcerowicz […] est lui-même un symbole de transformation et de réforme et il présentera un avis indépendant sur les questions économiques », a déclaré Mme Sinowiec.

Le programme mentionne également une réunion avec Ilkka Laitinen, le directeur de FRONTEX, l'agence dont le rôle est de protéger les frontières de l'UE, située à Varsovie.

A partir d'un reportage d'EURACTIV Pologne