Pologne : un député du parti au pouvoir accuse Manfred Weber de propagande « hitlérienne »
Les déclarations du président du Parti populaire européen, Manfred Weber, concernant le parti au pouvoir en Pologne ne sont rien d’autre que de la propagande rappelant l’époque d’Hitler, estime Tadeusz Cymański, député du parti Droit et Justice (PiS).
Les déclarations du président du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, Manfred Weber, concernant le parti au pouvoir en Pologne ne sont rien d’autre que de la propagande rappelant l’époque d’Hitler, estime Tadeusz Cymański, député du parti Droit et Justice (PiS).
M. Cymański faisait principalement référence aux propos tenus durant une interview accordée par M. Weber au Frankfurter Allgemeine Zeitung, dans laquelle le président du PPE parlait de la nécessité pour son parti de « construire un pare-feu » contre le PiS et qualifiait le PPE de seule force capable de remplacer le parti polonais.
L’interview a immédiatement suscité l’indignation des membres du PiS, qui ont accusé M. Weber de tenter de s’immiscer dans les élections polonaises.
Interrogé par le média Wirtualna Polska à ce sujet mercredi (23 août), M. Cymański a encouragé tout le monde à lire l’hebdomadaire de droite Sieci, dans lequel l’ancien ministre Jan Rokita analyse la rhétorique de M. Weber. Dans cette publication, on peut lire qu’« il s’agit d’un langage similaire à la propagande hitlérienne ».
Le député polonais a également souligné les commentaires de M. Weber sur le parti allemand d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et la présidente du Rassemblement national français, Marine Le Pen, que le président du PPE a qualifiés de « radicaux », tout en taxant le PiS d’« ennemi politique » du PPE. Pour M. Rokita, il s’agit d’une nouveauté surprenante dans la rhétorique des démocrates-chrétiens concernant la Pologne.
Pour ce qui est des financements européens au titre du Fonds pour la reprise et la résilience (FRR), la Pologne ne les a toujours pas perçus en raison du différend en cours sur l’État de droit avec la Commission européenne. À ce sujet, M. Cymański a déclaré qu’il appartenait en fait à M. Weber de débloquer ou non les financements.
« Nous parlons de la manière dont un État [l’Allemagne] peut s’ingérer effrontément dans les affaires polonaises. Cette personne [M. Weber] est si influente que le fait que nous recevions ou non l’argent dépend d’elle », a-t-il ajouté.
En réaction aux déclarations de M. Weber, le parlement polonais dominé par le PiS a adopté la semaine dernière une résolution visant à contrer toute tentative d’ingérence dans le processus électoral national.
En début de semaine, le Premier ministre Mateusz Morawiecki a publié une vidéo concernant M. Weber sur X (anciennement Twitter) dans laquelle il a affirmé que le président du PPE ne parviendrait pas à influencer les élections polonaises.
Selon M. Morawiecki, M. Weber a déjà fait l’objet de critiques de la part d’eurodéputés, notamment de son propre parti, pour ses règles antidémocratiques, son arrogance et son imprévisibilité politique. Alors qu’il travaillait en étroite collaboration avec l’ex-chancelière allemande Angela Merkel, il l’a encouragée à commettre des erreurs politiques, comme les efforts déployés pour dégeler les relations avec la Russie, a-t-il poursuivi.
Ces accusations interviennent à l’approche des élections nationales polonaises prévues le 15 octobre prochain.
Si le PiS dispose des meilleures chances de remporter un troisième mandat consécutif, puisqu’il recueille actuellement 33,8 % des voix. Son principal rival, la Coalition civique (KO) de centre libéral, est membre du PPE de M. Weber et arrive en deuxième position avec 28,5 % des voix.
La KO est dirigée par l’ancien président du Conseil européen et ex-Premier ministre Donald Tusk, principal adversaire politique de longue date du PiS, en particulier sur la scène européenne.
Jarosław Kaczyński, le président du PiS, a récemment déclaré qu’il aimerait débattre avec M. Weber avant les élections polonaises, bien que M. Tusk ait proposé de le faire à sa place — une offre à laquelle M. Kaczyński n’a pas encore réagi.
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Le dirigeant du parti au pouvoir en Pologne, Droit et Justice (PiS), Jarosław Kaczyński, a…
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]