Pologne : Orlen va poursuivre la Russie pour l’interruption des livraisons de pétrole

Le géant public de l’énergie Orlen va engager des poursuites judiciaires contre la Russie en raison de la récente suspension des livraisons de pétrole via l’oléoduc Droujba.

EURACTIV Pologne
Krakow,Poland,21,October,2019,Logo,Of,The,Polish,Oil
En février, la société russe Tatneft a unilatéralement interrompu ses livraisons de pétrole à destination de la Pologne, prétextant que les raffineries polonaises n’ont pas passé ni payé leurs commandes. [SHUTTERSTOCK/Piotr Opoka]

Le géant public de l’énergie Orlen va engager des poursuites judiciaires contre la Russie en raison de la récente suspension des livraisons de pétrole via l’oléoduc Droujba. C’est ce qu’a annoncé le PDG de la société, Daniel Obajtek, lundi (6 mars).

En février, la société russe Tatneft a unilatéralement interrompu ses livraisons de pétrole à destination de la Pologne, prétextant que les raffineries polonaises n’ont pas passé ni payé leurs commandes. Cette décision a été prise au lendemain du don par la Pologne de chars Leopard à l’Ukraine — Varsovie ayant été la première à le faire dans l’UE — et quelques jours après la visite du président américain Joe Biden dans la capitale polonaise.

« Après la visite du président Joe Biden, les Russes ont cessé de fournir du pétrole à la Pologne », a indiqué M. Obajtek au radiodiffuseur Radio Zet. Orlen « va maintenant engager une action en justice et faire valoir ses droits », a-t-il ajouté.

Alors que la Pologne s’était fixé pour objectif d’éliminer progressivement le charbon et le gaz russes l’année dernière, elle continue d’importer du charbon de ce pays.

En janvier, 10 % des importations polonaises de pétrole provenaient de Russie. Orlen affirmait que cela était dû aux contrats précédemment conclus avec Tatneft, qui restaient en vigueur et ne pouvaient être rompus qu’en cas de sanctions de l’UE.

Un premier contrat a expiré en janvier, l’autre expirera en 2024, a indiqué M. Obajtek.

Il est difficile de rompre un contrat sans les sanctions européennes, a-t-il expliqué, ajoutant que la société polonaise s’exposerait alors « à de fortes amendes et cet argent [les amendes] irait de toute façon [au président russe Vladimir] Poutine ».

« Nous aurions à payer pour du pétrole que nous n’avons même pas reçu », a poursuivi M. Obajtek. Interrogé sur le montant des amendes, il n’a pas donné de chiffres précis, se contentant de dire qu’en vertu du contrat, « il s’agit de très grosses sommes d’argent ».

L’été dernier, l’Union européenne a décidé d’imposer un embargo sur l’achat, l’importation et le transfert de pétrole brut maritime russe et de certains produits pétroliers. Les importations de pétrole brut par oléoduc à destination de certains États membres de l’UE sont exemptées de cette interdiction.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]