Pologne : le gouvernement face à un vote de confiance au parlement cette après-midi
Le gouvernement de Donald Tusk affronte ce mercredi 11 juin un vote de confiance décisif au parlement. En jeu : la survie de sa coalition, fragilisée par des tensions internes, et la possibilité d’élections anticipées qui pourraient profiter au parti conservateur Droit et Justice (PiS).
Le Premier ministre polonais Donald Tusk affronte ce mercredi 11 juin un vote de confiance décisif au parlement. En jeu : la survie de sa coalition gouvernementale, fragilisée par des tensions internes, et la possibilité d’élections anticipées qui pourraient profiter au parti conservateur Droit et Justice (PiS).
Lors de l’élection présidentielle du 1er juin, le conservateur Karol Nawrocki, soutenu par le parti Droit et Justice (PiS), a battu Rafał Trzaskowski, le candidat centriste de la Plateforme civique (PO, PPE), parti de Donald Tusk. Ce résultat, perçu comme un revers pour le gouvernement, a conduit Donald Tusk demander un vote de confiance au parlement.
Cela pourrait lui permettre d’éviter des élections anticipées, qui seraient favorables au PiS mais constitueraient un risque sérieux pour sa coalition, arrivée au pouvoir après les élections législatives de l’automne 2023.
« Cette décision est logique », a expliqué Andrzej Rychard, directeur de l’Institut de philosophie et de sociologie de l’Académie polonaise des sciences, à Euractiv Pologne. « Un vote de confiance n’est pas seulement une manœuvre tactique, mais aussi un geste moralement honnête. Il pourrait trouver un écho auprès de l’électorat. »
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Les partis de la coalition fixent leurs conditions
Alors que le vote de confiance approche, les partenaires de la coalition commencent à faire valoir leurs exigences, ce qui signalerait une perte de cohésion au sein du gouvernement, selon Andrzej Rychard.
La Nouvelle Gauche (Socialistes et Démocrates européens, S&D) a annoncé qu’elle soutiendrait le gouvernement lors du vote, mais les deux autres partenaires de la coalition de la Plateforme civique — le parti centriste Pologne 2050 (groupe libéral Renew Europe) et le Parti paysan polonais (PSL, Parti populaire européen/PPE) — conditionnent leur appui.
Pologne 2050 souhaite maintenir son leader, Szymon Hołownia, à la présidence du Parlement jusqu’à la fin de la législature, contrevenant à l’accord de coalition initial, qui prévoyait une alternance avec Włodzimierz Czarzasty (Nouvelle Gauche) à mi-mandat.
Le parti défend également un ambitieux programme de réformes, notamment la transformation des médias publics, la professionnalisation des entreprises d’État, l’interdiction des smartphones à l’école primaire, un soutien accru aux personnes en situation de handicap, et des investissements dans le logement abordable.
Le PSL va plus loin : il exige la démission de Donald Tusk au profit de son chef de file, Władysław Kosiniak-Kamysz, actuel ministre de la Défense et vice-Premier ministre. Une exigence qui serait difficile à accepter pour le chef du gouvernement.
L’instinct de survie comme ciment ?
Pour obtenir la confiance du parlement, Donald Tusk doit rassembler les voix des quatre partis de sa coalition. En face, l’opposition — le PiS, la gauche radicale avec Razem et l’extrême droite avec la Confédération (Patriotes pour l’Europe/Europe des nations souveraines) —a déjà annoncé qu’elle voterait contre.
Malgré les tensions au sein de la coalition, Andrzej Rychard pense que les partis au pouvoir accorderont leur confiance.Les partenaires de Donald Tusk savent qu’un retour aux urnes mettrait leur survie politique en péril. Ils courent un risque important de passer sous la barre des 5 % de voix nécessaires pour siéger à nouveau au parlement.
« C’est pourquoi je pense que, face au risque, l’instinct de survie primera », conclut-il.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]