Pologne : Karol Nawrocki prêtera serment en tant que président malgré les litiges

Le conservateur Karol Nawrocki doit prêter serment comme président de la Pologne ce mercredi 6 août, à l’issue d’une élection controversée et d’une campagne entachée par des accusations portant sur son passé.

EURACTIV Pologne
[EPA/PAWEL SUPERNAK]

Karol Nawrocki, soutenu par le parti Droit et Justice (PiS), devrait prêter serment en tant que président mercredi 6 août dans l’après-midi, après sa victoire à l’élection plus tôt cette année, dont les résultats sont controversés.

L’investiture devrait commencer par une messe, avant une cérémonie laïque en présence des membres des deux chambres parlementaires.

La victoire de Karol Nawrocki face au candidat de la coalition au pouvoir, Rafał Trzaskowski (Plateforme civique, PO), signifie que le gouvernement de Donald Tusk ne disposera pas du contrôle total du pouvoir, et que le veto présidentiel dont fait souvent usage l’actuel président Andrzej Duda continuera à servir de frein au pouvoir législatif.

Avant d’entrer dans la course à la présidence, Karol Nawrocki, ancien directeur de l’Institut national de la mémoire, était peu connu du public. Sa campagne a été entachée par des allégations qui ont fait surface pendant la course. Il a notamment été lié au monde du crime dans sa ville natale de Gdańsk, une ville portuaire sur la côte baltique de la Pologne.

En outre, selon l’agence de presse nationale Onet, Karol Nawrocki et sa femme ont acquis une deuxième propriété d’un homme de 80 ans en 2017 en échange de soins à vie, mais l’homme a ensuite été retrouvé dans un établissement public. Le président élu a admis qu’ils avaient perdu le contact avec lui.

Le candidat d’extrême droite Sławomir Mentzen avait également accusé Karol Nawrocki d’avoir participé à une bagarre organisée entre des gangs de hooligans de football de Gdańsk et de Poznań, une ville de l’ouest du pays. Karol Nawrocki n’a pas nié l’accusation, un assistant de campagne déclarant qu’il n’avait « pas honte » de ce «  combat viril ».

Onet a également rapporté que deux anciens collègues de Karol Nawrocki ont déclaré qu’il aurait arrangé des relations sexuelles avec des clients d’hôtels alors qu’il travaillait comme agent de sécurité dans la ville de Sopot au début des années 2000.

Après l’élection, des allégations de graves irrégularités dans le décompte des voix sont apparues. Bien qu’elle ait reçu plus de 50 000 plaintes, la Cour suprême de Pologne, qui a l’autorité finale sur la validité des élections, a confirmé les résultats.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]