Polluants éternels : le rôle des industriels Daikin et Arkema près de Lyon sera expertisé

Un juge, saisi par la Métropole de Lyon, dans le centre-est de la France, a ordonné une expertise indépendante pour évaluer la responsabilité des industriels Daikin et Arkema dans la pollution aux PFAS, en aval de la ville, selon une décision consultée mardi par l'AFP.

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Les PFAS sont une famille de substances chimiques synthétiques au très long cycle de vie, qui leur vaut le surnom de « polluants éternels ». [Shutterstock/New Africa]

Un juge, saisi par la Métropole de Lyon, dans le centre-est de la France, a ordonné une expertise indépendante pour évaluer la responsabilité des industriels Daikin et Arkema dans la pollution aux PFAS, en aval de la ville, selon une décision consultée mardi par l’AFP.

Un collège d’experts devra décrire d’ici au 31 décembre 2025 les alkyls perfluorés et polyfluorés (substances per- et polyfluoroalkylées, PFAS) employés ou émis sur la plateforme de Pierre-Bénite, au sud de Lyon, depuis sa création.

Il devra aussi donner son avis sur les dates à partir desquelles le français Arkema et le japonais Daikin ont eu connaissance de leurs effets potentiellement néfastes sur l’environnement, selon une copie de la décision rendue vendredi dernier par un juge des référés à Lyon.

« Pour la première fois, des entreprises sont nommées et on va chercher leur part de responsabilité dans cette pollution », a déclaré à l’AFP le président de la Métropole, l’écologiste Bruno Bernard, en se félicitant de cette « décision historique ».

Pour lui, l’expertise devrait confirmer à terme le rôle des deux groupes chimiques et « l’étape suivante sera d’aller les chercher sur le principe du pollueur-payeur ». La métropole leur demandera alors d’indemniser le surcoût lié au traitement de l’eau courante polluée par les PFAS.

Les PFAS sont une famille de substances chimiques synthétiques au très long cycle de vie, qui leur vaut le surnom de « polluants éternels ». Quasi indestructibles, ils s’accumulent avec le temps et sont extrêmement persistants dans l’environnement mais aussi dans le corps. En cas d’exposition sur une longue période, ils peuvent avoir des effets sur la fertilité ou favoriser certains cancers, d’après de premières études.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, « ils peuvent entraîner des problèmes de santé tels que des lésions hépatiques, des maladies thyroïdiennes, de l’obésité, des problèmes de fertilité et des cancers ».

Arkema et Daikin utilisent depuis des années des PFAS dans leurs usines de Pierre-Bénite, mais la nature et le volume de leurs rejets dans le temps restent mal connus.

Lors de l’audience, en mai, leurs avocats avaient demandé le rejet de la demande d’expertise, en arguant n’avoir commis « aucune faute civile ». « Ce sont des produits librement mis sur le marché », avait notamment plaidé Me Elodie Simon pour Arkema.