Politique migratoire : la présidence tchèque propose une « responsabilité flexible »
La République tchèque du Conseil de l'UE préconise le principe de « responsabilité flexible » dans le cadre d'une réforme de la politique migratoire européenne.
La République tchèque du Conseil de l’UE préconise le principe de « responsabilité flexible » dans le cadre d’une réforme de la politique migratoire européenne. La présidence tchèque a soumis une nouvelle proposition sur la réforme de la politique de migration et d’asile de l’UE, longuement retardée, dans un contexte de pressions migratoires croissantes en Europe.
Face à l’afflux actuel de migrants en Europe, la proposition, consultée par EURACTIV, révise l’idée de solidarité flexible de la Commission européenne et inclut également le nouveau terme de « responsabilité flexible ».
La présidence tchèque souhaite, grâce à ce nouveau concept, renforcer le caractère attractif de la proposition pour les États membres situés aux frontières extérieures de l’UE.
« Nous avons abondamment débattu du concept de solidarité flexible, mais il existe également une responsabilité flexible. Cela signifie que les États qui subissent une forte pression migratoire, c’est-à-dire la plupart des États du Sud, devraient être autorisés à simplifier certaines procédures », a expliqué le ministre tchèque de l’Intérieur, Vít Rakušan.
Les premières réponses des pays de l’UE sont prudemment favorables — ils ont demandé plus de détails à la Présidence. Le ministre tchèque de l’Intérieur veut avant tout que la réforme reçoive l’aval de ses homologues européens lors d’une réunion au sommet en décembre prochain.
« Nous recherchons un compromis équilibré qui sera acceptable pour les pays de Visegrad et les États du Sud », a déclaré le ministre. Selon Radio tchèque, cette nouvelle réforme n’intègre pas la mesure de solidarité qui permettrait aux États membres de renvoyer les migrants en situation irrégulière pour le compte d’autres États membres de l’UE.
M. Rakušan a également souligné que le dialogue avec les pays des Balkans occidentaux était nécessaire, notamment avec la Serbie. Un grand nombre de personnes originaires de pays tels que l’Inde, la Tunisie ou le Burundi — avec lesquels la Serbie dispose d’une exemption de visa, à la différence des pays de l’UE — sont récemment entrées illégalement dans l’UE.
L’UE exige donc une harmonisation de la politique des visas des pays des Balkans afin de lutter contre ces irrégularités. Le gouvernement serbe a déjà promis de s’y conformer d’ici à la fin de l’année.
« Si la Serbie n’accepte pas l’harmonisation de la politique des visas avec les États membres de l’UE, on peut envisager de réintroduire l’obligation de visa pour la Serbie », a déclaré M. Rakušan dimanche (16 octobre) à la télévision tchèque.