Szydło poursuit sa rhétorique anti-migrants jusqu’à Auschwitz

La Première ministre polonaise assistait à un mémorial au camp de l’Auschwitz-Birkenau le 14 juin. Un moment particulièrement mal choisi pour défendre la politique anti-migrant de son gouvernement.

EURACTIV.com
epa06027637 Polish Prime Minister Beata Szydlo (L) speaks during the 77th anniversary of the first deportation of Polish political prisoners to Nazi-German Concentration camp Auschwitz, next to the Lagerhaus building near the former Nazi-German Concentration camp Auschwitz I in Oswiecim, Poland, 14 June 2017, marking the National Day of Remembrance for the Victims of German Nazi Concentration Camps. In 1940 German Nazis transported first group of 728 Polish political prisoners from the prison in Tarnow and sentenced them to the newly built concentration camp of Auschwitz.  EPA/JACEK BEDNARCZYK POLAND OUT
La Première ministre polonaise, Beata Szydlo (G), a fait un discours lors d’un cérémonie à l’occasion du 77e anniversaire de l’arrivée de prisonniers polonais dans le camp de concentration d’Auschwitz, en Pologne, le 14 juin 2017. [[Jacek Bednarczyk/EPA]]

La Première ministre polonaise assistait à un mémorial au camp de l’Auschwitz-Birkenau le 14 juin. Un moment particulièrement mal choisi pour défendre la politique anti-migrant de son gouvernement.

« En ces temps troublés, Auschwitz est une grande leçon qui nous apprend qu’il faut tout faire pour défendre la sécurité et les vies des citoyens », a déclaré Beata Szydło, la Première ministre polonaise, lors de la cérémonie du 77e anniversaire de l’arrivée au camp de prisonniers polonais.

Un commentaire lâché au lendemain des poursuites lancées par l’UE contre la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, suite à leur refus d’accueillir leur part de réfugiés selon le système de quotas.

Le 13 juin, Rafal Bochenek, porte-parole du gouvernement polonais, avait déclaré que le programme de relocalisation des réfugiés posait une « menace » sécuritaire aux États membres, confirmant la rhétorique de Beata Szydło, qui fait régulièrement le lien entre réfugiés et attentats.

Donald Tusk, président du Conseil européen et ancien Premier ministre polonais, a réagi le lendemain, assurant que « ces mots de devraient jamais avoir été prononcés à cet endroit par un Premier ministre polonais ».

Katarzyna Lubnauer, du parti centriste Nowoczesna, a été encore plus explicite et a accusé la Première ministre d’« exploiter la cruauté d’Auschwitz pour convaincre les Polonais d’avoir peur des réfugiés ».

Sur Twitter, journalistes et observateurs se sont interrogés sur les motivations des commentaires de la Première ministre.

« Beata Szydło était à Auschwitz aujourd’hui. Une honte à l’échelle mondiale. Un jour horrible pour l’Histoire de la Pologne. »

Pour Rafal Bochenek, les détracteurs de la Première ministre ont cependant interprété ses propos hors contexte. « Quand on veut trouver des mauvaises intentions dans tous les commentaires, on peut en trouver. Je suggère [à tout le monde] d’écouter tout son discours », a-t-il tweeté.

La Pologne, la Hongrie et la République tchèque refusent d’appliquer un programme européen censé permettre la relocalisation de 160 000 migrants depuis les États les plus durement touchés par la vague migratoire, l’Italie et la Grèce.

L’initiative a été mise en place en 2015, quand la crise des réfugiés atteignait son sommet et que plus d’un million de réfugiés, principalement syriens, sont arrivés sur les côtes européennes.