« La Pologne devrait entrer dans la zone euro, mais pas pour le moment »

L’adhésion à la zone euro ne serait pas profitable pour la Pologne actuellement, mais elle pourrait s’avérer bénéfique au moment propice, selon Leszec Skiba, le vice-ministre des Finances polonais. Un article d’Euractiv Pologne.

EURACTIV Poland
Presentation of the new banknote 500 zloties
« Une zone euro stable profite à la Pologne, même pour des raisons purement pragmatiques », a déclaré Leszec Skiba, le vice-ministre des Finances polonais, lors d’un débat sur « la Pologne dans la zone euro » au Sejm, le Parlement polonais. [[EPA/Pawel Supernak] ]

L’adhésion à la zone euro ne serait pas aujourd’hui profitable pour la Pologne, mais pourrait s’avérer bénéfique au moment propice, selon le vice-ministre des Finances polonais. Un article d’Euractiv Pologne.

« Une zone euro stable profite à la Pologne, même pour des raisons purement pragmatiques », a déclaré Leszec Skiba, le vice-ministre des Finances polonais, lors d’un débat sur « la Pologne dans la zone euro » au Sejm, le Parlement polonais.

Toute discussion sur l’adoption de la monnaie unique doit se fonder sur « un équilibre entre les avantages, les opportunités et les risques », selon le vice-ministre des Finances. Cependant, la situation actuelle suggère que l’adoption de l’euro ne serait pas profitable pour la Pologne.

« La Pologne devrait entrer dans la zone euro, mais pas pour le moment », a-t-il annoncé. Étant donné que le pays exporte beaucoup vers la zone euro, une zone euro stable est une condition essentielle pour le développement des exportations polonaises.

Des taux de change et d’intérêt cruciaux

Selon Leszec Skiba, les taux de change et d’intérêt sont les éléments clés du processus d’adoption de l’euro.

« Rester en dehors de la zone euro est encore la meilleure solution pour certains pays », a-t-il déclaré, affirmant que l’adhésion à la zone euro est beaucoup plus faisable pour ceux qui ont un taux de change fixe que ceux avec un taux de change fluctuant.

Taux d’intérêt défavorable de la BCE

La deuxième question importante est les taux d’intérêt. « Selon les économistes, il existe de nombreux arguments selon lesquels des taux d’intérêt trop bas ou trop élevés sont néfastes pour l’économie », a souligné le vice-ministre des Finances polonais. « La Pologne a de nombreuses raisons de ne pas adopter le taux d’intérêt de la BCE. »

Leszec Skiba a également expliqué que si les taux d’intérêt de la BCE étaient avantageux pour la Pologne, la Banque nationale polonaise aurait ajusté ses taux depuis longtemps. Cependant, à un moment, il ne sera plus bénéfique d’un point de vue économique pour le pays de rester en dehors de la zone euro, « ce n’aura donc aucun sens de rester en dehors ».

En outre, le vice-ministre polonais n’est pas d’accord avec l’idée que la Pologne soit du débat sur l’avenir de l’Europe si elle reste en dehors de la zone euro.

Début avril, la France et l’Allemagne ont annoncé que le plan de réforme de la zone euro serait prêt d’ici juin après des discussions bilatérales et un mini-sommet ministériel prévu en mai. Ce n’est cependant pas certain qu’il sera possible d’obtenir le consentement de tous les États membres de la zone euro.

Berlin et Paris veulent également se mettre d’accord sur un projet d’union budgétaire et transformer un fonds prévu aux pays de la zone euro avec des difficultés financières en un Fonds monétaire européen.

Cependant, même entre la France et l’Allemagne, les avis divergent à l’égard de la portée des réformes : le président français Emmanuel Macron veut créer un budget et des institutions séparés pour la zone, alors que la chancelière allemande Angela Merkel estime que cette idée pourrait diviser l’Union.