Plusieurs élus européens interdits d’entrée en Russie

Le refus opposé par la Russie à deux élus européens qui voulaient assister aux obsèques de l'opposant russe Boris Nemtsov a été dénoncé mardi par l'Union européenne, qui a regretté « les raisons apparemment arbitraires » avancées par Moscou.

EURACTIV France avec Reuters
Des personnes se rassemblent sur le lieu du meurtre pour rendre hommage à Boris Nemtsov
Des personnes se rassemblent sur le lieu du meurtre pour rendre hommage à Boris Nemtsov [<a href="https://www.flickr.com/photos/tvoe/16488382108/in/photolist-bVZDjm-r8T6cD-cu6eu1-r839HL-r6hhLk-r89Dbe-rptDt6-rqxU74-bTTRV4-r6Znnn-rqzAAt-qudSj6-rpvrZ1-qsB5Hy-qsPfc8-r82gy9-r82i9y-qsB5e7-rppnMp-aTVyw6-qsB5sy-ro1PWL-r7dE4c-r8YvCo-r8RDp8-rqbKVH-rqrNkd-rpADY4-ro1Pms-rqbRe8-r8JkKo-ro1LB9-ro1Kx5-r8Jhhw-r8JgCL-rqdstA-qtj1KG-qtwfjR-r8JbEQ-r6Zd5p-rqbDZV-rqiybk-ro1zyC-rqbBBi-roQB2a-qveLSM-rao3Kb-r7Vso9-r7ispv-r6ZqDc" target="_blank" rel="noopener">Crédit : [Jay /Flickr]</a>]

Le refus opposé par la Russie à deux élus européens qui voulaient assister aux obsèques de l’opposant russe Boris Nemtsov a été dénoncé mardi par l’Union européenne, qui a regretté « les raisons apparemment arbitraires » avancées par Moscou.

Ce refus d’entrée en Russie, opposé notamment à l’eurodéputée lettone Sandra Kalniete qui a été refoulée de l’aéroport moscovite Cheremetievo, mais aussi au président du Sénat polonais Bogdan Borusewicz, est « une claire violation des principes de base », a commenté une porte-parole du service diplomatique européen, Maja Kocijancic.

Mme Kalniete, ancienne ministre des Affaires étrangères de Lettonie et ex-commissaire européenne qui siège au sein du groupe du PPE (droite) au Parlement européen, « est porteuse d’un passeport diplomatique », a souligné Mme Kocijancic.

Refus arbitraire

« La justification qui a été donnée » pour la refouler « implique qu’elle représenterait une menace pour la sécurité de l’État ou l’ordre public de la Fédération de Russie. Cela n’apparaît pas comme une explication crédible à nos yeux », a-t-elle poursuivi.

« Ce n’est pas la première fois que nous constatons de tels refus pour des raisons apparemment arbitraires et nous le regrettons », a ajouté la porte-parole lors d’un point de presse.

« Nous appelons les autorités russes à un maximum de transparence et nous attendons des mesures de leur part pour éviter des incidents similaires à l’avenir », a martelé Mme Kocijancic, qui a notamment demandé « la publication des interdictions d’entrée (sur le territoire) décidées par la Fédération de Russie, ce qui n’est actuellement pas le cas ».

Hommage à Boris Nemtsov

Plusieurs milliers de personnes ont commencé mardi à rendre un dernier hommage à Moscou à Boris Nemtsov, l’un des opposants les plus virulents du président Vladimir Poutine, tué vendredi à l’âge de 55 ans par balles près du Kremlin.

Les ambassadeurs des pays européens et plusieurs personnalités étrangères, parmi lesquels le chef de la diplomatie lituanienne, Linas Linkevicius, le maire de Riga, la capitale lettonne, Nils Usakovs, et le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Konrad Pawlik, ont annoncé leur intention de participer aux obsèques.

Mais certains d’entre eux en ont été empêchés. Le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, a déclaré lundi que les autorités russes lui avaient refusé l’entrée en Russie, en réponse aux sanctions européennes contre Moscou. Mme Kalniete a publié sur son compte Twitter un document de la police aux frontières russes stipulant qu’elle était interdite d’entrée en Russie jusqu’en novembre 2019. Elle a repris mardi matin un avion en direction de Bruxelles.

Impression de déjà-vu

Ce n’est pas la première fois qu’une eurodéputée est refoulée à son arrivée à Moscou. Le 25 septembre 2014, Rebecca Harms, coprésidente du groupe des Verts au Parlement européen, n’avait pu entrer en Russie où elle devait assister, en tant qu’observatrice, au procès de la pilote ukrainienne, Nadia Savtchenko, accusée d’espionnage.

>> Lire : La Russie bloque l’accès de son territoire à une députée européenne

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a estimé « doublement grave » le dernier incident impliquant Mme Kalniete, le replaçant dans un contexte de « refus répétés et arbitraires d’entrée sur le territoire russe opposés à des parlementaires élus ». « Dans des temps où il faudrait faire preuve de retenue, l’administration russe pousse sur tous les boutons qui vont dans la direction opposée à la désescalade », a-t-il jugé dans un communiqué.