Plusieurs dirigeants européens demandent à Trump de ne pas toucher au Groenland

L’Europe et les États-Unis doivent travailler ensemble pour garantir la sécurité dans l’Arctique, et l’intégrité territoriale du Groenland doit être respectée, ont indiqué huit dirigeants européens dans une déclaration publiée mardi 6 janvier, peu avant une réunion cruciale sur l’Ukraine à Paris.

EURACTIV.com
Chancellor Merz in Finland
Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, Friedrich Merz, chancelier allemand, et Jens-Frederik Nielsen, Premier ministre du Groenland, devant le château de Turku lors d'une réunion le 25 mai 2025. [Getty Images/Kay Nietfeld_Picture alliance_dpa]

Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump a durci son discours sur le Groenland. Selon lui, les États-Unis « ont besoin du Groenland pour leur défense ». Lundi soir, Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, est allé plus loin en remettant en question le droit du Danemark sur ce territoire autonome de l’Arctique.

Ces propos ont suscité une vive réaction à Copenhague et à Nuuk, capitale du Groenland, où l’on a appelé Washington à respecter le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination.

« Nous et de nombreux autres alliés avons renforcé notre présence, nos activités et nos investissements afin de garantir la sécurité de l’Arctique et de dissuader les adversaires », ont écrit les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, du Royaume-Uni et du Danemark dans une déclaration publiée par le bureau de la Première ministre danoise. Toutefois, la déclaration ne précise pas comment les Alliés de l’OTAN réagiraient si le statut du Groenland était remis en cause.

Le texte souligne que la sécurité de l’Arctique dépend du respect de la souveraineté et de l’inviolabilité de ses frontières — des principes consacrés par la Charte des Nations unies. Il rappelle également un accord de défense de 1951 accordant aux États-Unis un accès militaire étendu à l’île, décrivant Washington comme « un partenaire essentiel ».

Le Groenland, qui compte environ 57 000 habitants, est situé dans le passage du GIUK — l’acronyme de l’anglais « Greenland, Iceland, United Kingdom » (Groenland, Islande, Royaume-Uni) —, qui revêt une importance stratégique. Le pays contrôle l’accès à l’océan Atlantique depuis le nord. Avec la fonte de la banquise, de nouvelles routes maritimes pourraient s’ouvrir à l’avenir autour de la plus grande île du monde, membre de l’OTAN par l’intermédiaire du Danemark mais non membre de l’UE.

Les signataires de la déclaration se rencontrent ce mardi à Paris dans le cadre d’une réunion de la Coalition des volontaires, au cours de laquelle les alliés soutenant l’Ukraine devraient discuter des garanties de sécurité potentielles après la guerre. Les États-Unis seront représentés par l’envoyé pour la paix Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

De son côté, la Commission européenne a refusé de commenter la déclaration ou d’indiquer si l’exécutif européen avait été associé à sa rédaction.