De plus en plus de pays de l'UE envisagent des expulsions vers l'Afghanistan, selon le ministre allemand de l'Intérieur

Berlin affirme que d'autres pays souhaitent participer à ces opérations controversées de rapatriement.

EURACTIV.com
Alexander Dobrindt [Florian Gaertner/Photothek via Getty Images]

Les récentes expulsions de personnes condamnées par la justice allemande vers l’Afghanistan des Talibans attire l’attention des dirigeants européens, selon le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt.

« Nous avons souligné à plusieurs reprises que les expulsions que nous avons mené vers l’Afghanistan suscitent un vif intérêt de la part d’autres pays, qui souhaiteraient participer à des opérations de ce type », a déclaré Alexander Dobrindt lors d’une réunion informelle du Conseil des affaires intérieures de l’Union européenne (UE) à Copenhague.

La semaine dernière, Berlin a expulsé des personnes condamnées par le justice vers l’Afghanistan, devenant ainsi le premier pays de l’UE à autoriser des représentants des Talibans à poser le pied sur son sol, afin de mener à bien ces expulsions.

Le tout selon le ministre allemand est de savoir « si et comment cela peut être réalisé ».

L’Allemagne soutient la proposition faite par la Commission en mars dernier et qui prévoit d’installer des centres de retour pour accélérer l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés. Le plan européen comprend des dispositions juridiques pour la mise en place de telles structures.

« Nous pensons qu’il s’agit d’une approche innovante et absolument nécessaire », a déclaré Alexander Dobrindt, appelant à la conclusion d’accords avec des pays tiers proches des pays d’origine.

Ce dernier n’a pas exclu que l’Allemagne conclue ses propres accords en matière de migration, soulignant que de plus en plus de pays « ont des projets avancés pour mettre en place de telles structures ».

« Nous avons besoin de pays partenaires, de préférence proches des pays d’origine, qui, grâce à des accords spécifiques, soient en mesure d’accueillir les demandeurs d’asile déboutés et de les installer dans des conditions dignes près de leur pays d’origine. C’est l’idée de base, qui bénéficie de notre plein soutien », explique-t-il.

Reconnaissant la sensibilité politique de la question, Alexander Dobrindt a déclaré : « Nous savons que cela peut être très difficile pour certains États membres, nous l’avons déjà constaté par le passé. » Il estime néanmoins qu’une approche européenne pourrait fonctionner, car elle offrirait de meilleures chances de mise en œuvre.

Les commentaires du ministre allemand font suite à une déclaration des ministres de l’Intérieur de l’UE, qui expliquaient vendredi dernier que « les retours en Afghanistan et en Syrie doivent être possibles ».

Cette déclaration, soutenue par une « coalition des volontaires » autoproclamée, menée par l’Allemagne et rejointe par la France, la Pologne, l’Autriche, le Danemark, la Tchéquie et le commissaire européen aux Affaires intérieures Magnus Brunner, appelle à un durcissement des règles en matière de migration dans l’ensemble de l’Union.