Plan moldave pour dépasser l'impasse institutionnelle
Le nouveau gouvernement proeuropéen de Moldavie sait très clairement comment renforcer les institutions du pays et dépasser la crise qui concerne l'élection de son président, qui dure depuis un an. Le premier ministre adjoint de Moldavie, Victor Osipov, s'est confié à EURACTIV lors d'un entretien exclusif.
Le nouveau gouvernement proeuropéen de Moldavie sait très clairement comment renforcer les institutions du pays et dépasser la crise qui concerne l'élection de son président, qui dure depuis un an. Le premier ministre adjoint de Moldavie, Victor Osipov, s'est confié à EURACTIV lors d'un entretien exclusif.
La Moldavie va renforcer ses institutions selon les recommandations de l'UE, a dit M. Osipov, responsable de la "ré intégration", c'est-à-dire préserver l'intégrité du territoire moldave et résoudre le conflit en Transnistrie.
Le pays, coincé entre la Roumanie et l'Ukraine, n'a pas été capable d'élire un président depuis avril 2009, après que des votes successifs par le Parlement, qui comprend 101 sièges, aient échoué à garantir la majorité exigée de 61 eurodéputés pour l’élection d’un nouveau chef d'Etat.
Les quatre partis proeuropéens ont 53 députés au Parlement – ce qui est suffisant pour former un gouvernement mais pas assez pour élire eux-mêmes le président. Le parti communiste contrôles les 48 autres sièges (EURACTIV 13/10/09).
Suivant les recommandation de la Commission de Venise -un organe consultatif du Conseil de l'Europe établi après la chute du Mur de Berlin pour conseiller les nouvelles démocraties sur leursprojets de constitutions et leurs amendements constitutionnels – les nouveaux dirigeants moldaves ont adopté une stratégie pour sortir de l'impasse, a affirmé M. Osipov.
Il a dressé les concours de cette stratégie :
- Il y aura des élections parlementaires anticipées dont la date doit encore être établie. Le parlement existant sera dissous le 16 juin, un an après le début de son mandat.
- Un solution doit être recherchée, en parallèle, pour éviter une nouvelle impasse sur l'élection du président. La coalition dirigeante prévoit de modifier l'article 78 de la Constitution pour permettre au président d'être élu au suffrage universel direct.
- Des doutes persistent quant au soutien de l'actuel parlement sur un tel amendement constitutionnel. Une majorité constitutionnelle est indispensable, ce qui implique le soutien du parti communiste au moins en partie. Si les communistes venaient à refuser de soutenir les changements, un référendum serait organisé pour modifier l'article 72, introduisant un suffrage direct pour la présidence, comme c'était le cas jusqu'en 2000.
M. Osipov a expliqué que bien que le président est élu par le parlement, les prérogatives du chef d'Etat n'ont pas été diminuées. Cela conduisit de façon regrettable à l'usurpation du pouvoir par l'ancien président Vladimir Voronin sous le gouvernement mené par les communistes, a-t-il expliqué.
Les communistes étant au gouvernement et occupant une majorité confortable au parlement, l'Etat est devenu un régime quasi autoritaire, a affirmé M. Osipov, toutes les institutions étant gouvernées par M. Voronin car la notion de séparation de pouvoirs s'est vidée de son sens.
Sur ces bases, un système corrompu pouvait facilement se développer, et beaucoup a été dit désormais sur les sombres agissements de M. Voronin et sa famille, a expliqué M. Osipov. La nature autoritaire de ce régime a conduit aux événements tragiques du 7 avril 2009, lorsque le gouvernement a essayé de présenter les manifestations anti-communistes comme une attaque contre le parlement et les institutions de l'Etat (EURACTIV 08/04/09).
Interrogé sur l'actuel degré de soutien pour le parti communiste, que certains sondages d'opinion considèrent comme la plus grande force politique de Moldavie avec un soutien de 30 %, M. Osipov a dit que l'on devait traiter les sondages d'opinion avec prudence dans un pays où aucune tradition de concurrence n'existe sur le marché de la sociologie.
Il est évident que la crise financière ne joue pas en faveur de l'actuel gouvernement, a-t-il reconnu.
Le membre du gouvernement a affirmé que l'aide que son pays avait obtenue de l'UE et des institutions financières internationales telles que le FMI était sans précédent, représentant une somme de 2,6 milliards de dollars. Presque la moitié de cette somme provient de subventions, et la plus grande partie de l'argent a servi à dynamiser l'économie réelle, a-t-il ajouté.
La Moldavie est un petit pays et si cet argent est bien géré, les revenus des gens et les niveaux de vie vont s'améliorer, et le gouvernement démocratique aura plus de chances de poursuivre son travail, a-t-il affirmé.