Plan de relance de l’UE : les ministres des Finances sans conviction [FR]
Les ministres des Finances de l’UE ont, sans grande conviction, accordé leur soutien aux vastes dispositions du plan proposé par l’UE pour lutter contre la récession. Ils ont toutefois supprimé toute référence au chiffre de 200 milliards d’euros initialement avancé par la Commission.
Les ministres des Finances de l’UE ont, sans grande conviction, accordé leur soutien aux vastes dispositions du plan proposé par l’UE pour lutter contre la récession. Ils ont toutefois supprimé toute référence au chiffre de 200 milliards d’euros initialement avancé par la Commission.
Les ministres se sont rencontrés le 2 décembre à Bruxelles pour discuter du plan de relance présenté la semaine dernière par la Commission européenne (EURACTIV 27/11/08).
Dans une déclaration, la présidence française de l’UE a affirmé : « Les ministres ont adopté une stratégie européenne sous la forme d’une « boîte à outils » commune mobilisant les instruments communautaires (ressources de la BEI et du budget communautaires) et permettant à chaque État membre de prendre les mesures nécessaires, en fonction de sa situation macro-économique et financière spécifique ».
Les ministres ont approuvé la décision d’augmenter du capital de la Banque européenne d’investissement (BEI) de 65 milliards à 230 milliards d’euros afin de financer les mesures destinées à aider les constructeurs automobiles à produire des véhicules plus propres, par exemple.
Toutefois, toutes les références au chiffre de 200 milliards d’euros ont été supprimées de la proposition initiale de la Commission, qui incluait également des investissements « intelligents » dans des emplois « verts ».
En outre, les propositions de réduire les taxes sur les services locaux à forte intensité de main-d’œuvre, tels que les coiffeurs et les restaurants, n’ont à nouveau pas été approuvées. Nous sommes d’accord de ne pas être d’accord, a déclaré la ministre française des Finances Christine Lagarde, qui a présidé la rencontre.
Au vu des divergences persistantes, les ministres ont décidé de déférer la question aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, qui se réuniront pour un sommet les 11 et 12 décembre à Bruxelles.
Mme Lagarde a déclaré que les ministres ont décidé qu’il était nécessaire d’octroyer 1,5 % du produit intérieur brut pour lancer le plan de relance, selon Bloomberg.
Toutefois, ce chiffre n’a pas fait l’unanimité. Prenant la parole lundi 1er décembre après une réunion de l’Eurogroupe, le ministre allemand des Finances Peer Steinbruck a indiqué que son pays assumerait un total de 31 milliards d’euros – à savoir 1,25 % de son PIB – par le biais de deux paquets. De nombreux observateurs ne semblent pas s’en rendre compte, aurait-il affirmé selon Reuters.
Dans un même ordre d’idées, les ministres des Finances ont refusé de suivre la voie prônée par le Royaume-Uni en abaissant leurs taux de TVA au palier minimal de 15 % décidé par l’UE. M. Steinbruck a estimé que nul n’était obligé de copier les mesures des autres pays. A son avis, il faut certes coopérer, mais les méthodes peuvent prendre des formes différentes.
Lundi, Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois, a affirmé, selon Reuters, que les 15 Etats membres de la zone euro ont signifié qu’ils ne veulent rien changer au taux de TVA de référence.