Plan d’aide agricole et régulation du secteur laitier [FR]

Le président français Nicolas Sarkozy s’est engagé hier (27 octobre) à accorder au secteur agricole français en pleine tourmente la somme de 1,65 milliards d’euros. Il a pressé l’UE d’accélérer sa prise de décision concernant le renforcement des règlementations sur le lait.

Sarko_cow.jpg
Sarko_cow.jpg

Le président français Nicolas Sarkozy s’est engagé hier (27 octobre) à accorder au secteur agricole français en pleine tourmente la somme de 1,65 milliards d’euros. Il a pressé l’UE d’accélérer sa prise de décision concernant le renforcement des règlementations sur le lait.

Le plan national, qui doit être mis en place avant la fin de l’année, devrait comprendre 1 milliard d’euros de prêts bancaires et 650 millions d’aide d’Etat exceptionnelle, a dit M. Sarkozy.

Ces mesures sans précédent ont reflété la sévérité des difficultés auxquelles l’agriculture est confrontée, a-t-il annoncé, citant la chute des prix producteurs, l’insuffisance de la régulation et les marges inégales de la filière alimentaire. 

La crise que subit tout le secteur agricole n’est pas une simple crise cyclique, a dit M. Sarkozy lors d’un discours dans l’est de la France. Il s’agit d’une crise structurelle.

Le président français a annoncé qu’il avait élaboré une réponse aux agriculteurs qui ont fait pression pour agir contre la chute des revenus agricoles et qui se sont retrouvé en force ces derniers mois lors de manifestations qui ont notamment occupé brièvement l’avenue des Champs-Élysées à Paris.

M. Sarkozy a également répondu aux requêtes des agriculteurs qui souhaitent que l’on donne à l’agriculture autant d’importance qu’aux autres domaines qui ont bénéficié d’une aide importante de l’Etat durant la crise économique et financière.

Selon M. Sarkozy, l’agriculture fait partie de l’identité nationale. C’est un secteur clé qui a autant de potentiel pour l’avenir que les nanotechnologies ou l’aérospatial.

Appel à renforcer la règlementation laitière

M. Sarkozy a appelé l’UE à agir pour freiner la spéculation des marchandises agricoles et aider le secteur laitier qui essaie de lutter et qui a été la cible des contestations des agriculteurs en Europe.

La France, lors de la réunion des ministres de l’agriculture européens la semaine dernière, a garanti 280 millions d’euros d’aide pour les producteurs laitiers, et a accepté de renforcer les garanties telles que les achats d’intervention (EURACTIV 20/10/09).

Cependant, M. Sarkozy a dit qu’il souhaitait que l’UE présente un durcissement de ses instruments de régulation à partir de 2010, sans attendre le rapport d’experts sur le secteur laitier en juin prochain.

Le 30 octobre, je demanderai à la Commission européenne de renforcer ses moyens de régulation du secteur laitier dès le début de  l’année 2010, a dit M. Sarkozy, ajoutant qu’il soulèverait cette question lors de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel à Paris mercredi.

M. Sarkozy a également déclaré qu’il presserait l’UE d’introduire une régulation authentique afin de limiter la spéculation sur les marchés de produits agricoles de base, sans spécifier les mesures envisageables.

D’après le paquet national de soutien de l’agriculture française, les agriculteurs doivent accéder à 1 milliard d’euros de prêts pour dynamiser leur fluidité à long terme, avec un remboursement différé d’un an et des intérêts partiellement couverts par une aide d’Etat de 60 millions d’euros.

Le gouvernement offrira également une aide pour réduire les charges sociales, les taxes d’habitation et les taxes énergétiques à certains agriculteurs, particulièrement les jeunes ou nouveaux producteurs.

Pour tenter de réduire le coût de la main d’œuvre, qui a été cité comme un handicap majeur à la production française, en particulier pour les fruits et légumes, M. Sarkozy a également dit que les agriculteurs seraient exemptés de certaines charges pour les travailleurs saisonniers.

Des contrats agriculture/ alimentation régulés par l’Etat

Le soutien financier destiné aux agriculteurs sera complété par le développement d’accords contractuels entre les agriculteurs et les clients de l’industrie alimentaire, qui seront définis dans proposition de loi qui devrait être finalisée d’ici la fin de l’année.

Je veux des contrats équilibrés qui seront régulés par l’Etat ; ces contrats concerneront chaque secteur agricole, a dit M. Sarkozy.

(EURACTIV avec Reuters, traduit de l’anglais par EURACTIV)