Pierre Moscovici cherche à réduire la voilure de la taxe sur les transactions financières
Dans le sillage de la crise, la France a porté à l’échelle européenne le projet de taxe financière. Mais devant un parterre de banquiers, le ministre de l’Economie la juge “excessive”.
Dans le sillage de la crise, la France a porté à l’échelle européenne le projet de taxe financière. Mais devant un parterre de banquiers, le ministre de l’Economie la juge “excessive”.
Dompter la finance, abonder le budget européen, financer le développement des pays tiers… La taxe sur les transactions financières a fait l’objet de toutes les spéculations depuis que la France et l’Allemagne, qui divergent toujours sur son utilisation, ont convaincu neuf autres pays de lancer le projet.
Mais l’ambition initiale cède place à l’extrême prudence. Lors d’une conférence organisée par Paris Europlace le 11 juillet, Pierre Moscovici a affiché sa volonté de réduire l’impact de cette taxe.
« La proposition de la Commission m’apparaît excessive », a-t-il déclaré devant un parterre d’investisseurs, de gestionnaires d’actifs et de banquiers. « Notre intention n’est en aucun cas de faire une taxe qui agirait comme repoussoir, mais une taxe européenne qui soit véritable et généralisable à toute l’Union », a-t-il ajouté, redoutant que le projet nuise potentiellement au « financement de l’économie ».
Le 3 juillet, les députés ont arrêté leur position sur le sujet, même si leur vote n’est que consultatif. Ils reprennent les taux de 0,1% pour les transactions boursières et d’obligations et 0,01% pour les transactions sur les produits dérivés proposés par la Commission européenne en février.
Mais le processus serait progressif. Jusqu’en 2017, les produits dérivés seraient taxés à hauteur de 0,005%. Pour les obligations souveraines, le taux temporaire jusqu’à cette date serait de 0,05%. Ce dernier enjeu fait partie des points qui achoppent : la France et l’Italie souhaiteraient par exemple exclure les obligations souveraines du champ de la taxe.