Philippe Herzog : "L’identité de l’Europe est une responsabilité à chaque époque"

Dans un nouvel ouvrage publié au mois d’octobre, le président du Think tank, Confrontations Europe, aujourd’hui conseiller spécial auprès de Michel Barnier, propose des "fragments d’un projet politique européen".

EURACTIV.fr

Dans un nouvel ouvrage publié au mois d’octobre, le président du Think tank, Confrontations Europe, aujourd’hui conseiller spécial auprès de Michel Barnier, propose des « fragments d’un projet politique européen ».

En janvier 2007, Confrontations Europe, et son président Philippe Herzog, ont proposé un Nouvel Acte unique pour relancer l’Europe. Près de 4 ans plus tard, le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, présente un grand projet pour relancer le marché intérieur de l’Union. “Nous ne prêchons pas que dans le désert. Le projet de Confrontations a été saisi il y a trois ans par Michel Barnier et Mario Monti” (ancien commissaire à la concurrence, ndlr), se félicite Philippe Herzog, auteur d’un nouveau livre Une tâche infinie. Fragments d’un projet politique européen (Editions du Rocher, octobre 2010, 350 pages, 20 euros).

Fruit de 15 mois de travail et de multiples versions, cet ouvrage s’adresse avant tout au citoyen, explique son auteur. “Au départ j’avais envie de transmettre des idées et réflexions”, raconte l’ancien député européen. La crise économique mais aussi les questions sur les objectifs de Confrontations Europe l’ont finalement poussé à proposer un projet.

Au commencement est la culture. Selon Philippe Herzog, sans « ciment collectif », l’Europe ne pourra pas continuer à se construire. “La civilsation française n’existe pas. La civilisation européenne oui. La question de l’identité européene est belle. Mais aujourd’hui on ne sait pas où en est notre histoire”, estime l’auteur. Qui a d’ailleurs emprunté le titre de son livre à celui d’une conférence prononcée par Karl Jaspers en 1946. « Mieux que tout autre, [il] m’a aidé à comprendre que l’identité de l’Europe est une responsabilité à chaque époque », explique Philippe Herzog. 

« Partager des choix collectifs »

Parallèlement à la construction de cette culture commune, le problème du levier d’action pour poursuivre l’Europe politique se pose. La démocratie, aujourd’hui nationale en Europe, permet-elle d’agir?, interroge l’ancien député européen. Selon lui, la globalisation empêche les dirigeants d’avoir la maîtrise de l’espace. Le gouvernement représentatif étant « miné de l’intérieur et contrôlé de l’extérieur”. Le maintien de la démocratie passe donc par la participation de la société civile. “La démocratie ne devrait pas se définir par le gouvernement représentatif, mais plutôt par la volonté et la capacité pour des gens de se réunir, afin de partager des choix collectifs, de s’auto-organiser, d’agir ensemble”, explique-t-il dans son ouvrage. 

Philippe Herzog plaide également pour la création d’un “nouveau modèle social fondé sur une nouvelle vie active”. L’auteur préconise dans son livre “une cure de désendettement public et privé avec fermeté mais aussi discernement car simultanément il faut relancer la croissance sur des bases plus saines”. Pour ce faire, l’ancien député souhaite la mise en place d’un capitalisme partenarial qui rapproche le public et le privé et réhabilite les biens publics plutôt que la consommation. 

Mais selon Philippe Herzog, la clé de voute du projet de transformation sociale est l’éducation. “Nous livrons aux jeunes un corpus élitiste essentiellement fondé sur de grands sachants. C’est odieux et ne prépare nullement à la vie active et à l’insertion en societé”, explique-t-il. Avant d’ajouter que “l’articulation entre l’éducation et l’activité doit être présente dès le début.” 

Une tâche infinie. Fragments d’un projet politique européen, Philippe Herzog, éditions du Rocher, octobre 2010, 350 pages, 20 euros