Petit réacteur nucléaire : 300 millions d’euros d’aides d’État pour le français Nuward

La Commission européenne a validé vendredi (26 avril) un régime d’aide d’État de 300 millions d’euros en faveur du développeur de petits réacteurs nucléaires modulaires français Nuward pour s'assurer « de la cohérence d’ensemble» de son projet.

Euractiv.com
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La famille des petits réacteurs modulaires (small modular reactor, SMR, en anglais)  regroupe les réacteurs de 2 à 300 MW. En fonction de leur taille, ces réacteurs peuvent répondre à une demande d’électricité ou de chaleur très localisées (communautés isolées, sites industriels, etc.), jusqu’à remplacer les centrales à charbon et à gaz.  [Denis Starostin / Shutterstock]

La Commission européenne a validé vendredi (26 avril) un régime d’aide d’État de 300 millions d’euros en faveur du développeur de petits réacteurs nucléaires modulaires français Nuward pour s’assurer « de la cohérence d’ensemble» de son projet. 

La famille des petits réacteurs modulaires (small modular reactor, SMR, en anglais)  regroupe les réacteurs de 2 à 300 MW. En fonction de leur taille, ces réacteurs peuvent répondre à une demande d’électricité ou de chaleur très localisées (communautés isolées, sites industriels, etc.), jusqu’à remplacer les centrales à charbon et à gaz. 

Avec son réacteur de 300 MW en développement, la filiale Nuward d’EDF souhaite participer, en particulier, au remplacement des centrales à charbon restantes en Europe.

L’entreprise vise un « premier béton » coulé en 2030, pour une mise en route avant 2035. Le timing répond peu ou prou aux espérances récemment formulées par la Commission européenne

La « conception préliminaire »

Le régime d’aide français financera l’étape de recherche et développement de la « conception préliminaire » (basic design, en anglais).

Cette étape consiste à « rentrer dans les détails de conception de tous les équipements, toutes les parties de la centrale, et faire la maquette complète de la centrale », explique Nuward à Euractiv. 

« En même temps, nous nous assurons de la cohérence d’ensemble, qu’une fois assemblés tous les composants vont permettre de garantir le bon fonctionnement avec les performances attendues. À l’issue, nous serons en mesure de déposer une demande d’autorisation de création et nous instruirons la décision d’investir dans la tête de série », complète l’entreprise. 

En d’autres termes, la mesure vise à tester et essayer les modules et les composants des futurs SMR pour s’assurer de la possibilité de les produire à une échelle industrielle. Les subventions visent aussi à préparer les démonstrations de sûreté requises en vue de l’approbation du projet par les autorités nationales de sûreté nucléaire, ajoute la Commission européenne.

500 millions d’euros

Après l’autorisation d’une aide d’État de 50 millions d’euros en décembre 2022 dans le cadre de la 2e étape du projet, la 3e étape prend place au sein du montant global d’aide souhaité et annoncé par le président de la République, Emmanuel Macron, en février 2022, de 500 millions d’euros.

« Grâce à ce financement octroyé par l’État pour le développement du NUWARD SMR, Nuward bénéficie d’un soutien comparable à celui de ses concurrents, notamment américains », défend l’entreprise. Pour ce faire, les SMRs peuvent compter sur le soutien de la Commission européenne. 

Soutien de la Commission 

La Commission européenne en fait en effet l’un des éléments pour atteindre ses futurs objectifs de décarbonation de l’économie de l’UE en 2040 et soutient, par la même, l’alliance industrielle des SMRs annoncée en début d’année. L’alliance mutualise les forces des parties prenantes du secteur (décideurs politiques, économiques, industriels, société civile, etc.) à l’image de ce qui est développé pour les batteries électriques, le solaire ou encore l’hydrogène. 

D’autres constructeurs sont aussi en lice pour développer un marché en Europe, comme l’américain NuScale. Il développe actuellement un réacteur en Roumanie qu’il souhaiterait voir sur pied en 2029