Pessimisme face à la nomination du Premier ministre tchèque par intérim [FR]

Le président tchèque Václav Klaus, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l’UE, a nommé hier (9 avril) l’économiste Jan Fischer au poste de Premier ministre, avant les élections anticipées devant se tenir en octobre. Mais des analystes et des responsables politiques prévoient des moments difficiles. EURACTIV République tchèque et EURACTIV France ont contribué à cet article.

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Le président tchèque Václav Klaus, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l’UE, a nommé hier (9 avril) l’économiste Jan Fischer au poste de Premier ministre, avant les élections anticipées devant se tenir en octobre. Mais des analystes et des responsables politiques prévoient des moments difficiles. EURACTIV République tchèque et EURACTIV France ont contribué à cet article.

M. Fischer commencera à constituer son équipe ministérielle après les vacances de Pâques, et demandera la confiance de la Chambre des députés. Le cabinet devrait entrer en fonction le 9 mai, conformément à l’accord conclu entre les partis, lequel garantit également le soutien du Parlement. Les deux partis rivaux disposent ensemble d’une majorité confortable de 149 voix à la Chambre basse, qui en compte 200. 

Cela permettrait à Mirek Topolánek, le Premier ministre démissionnaire, de présider le Sommet européen du 7 mai à Prague, durant lequel les dirigeants européens prévoient de lancer le Partenariat oriental, visant à rapprocher de l’UE six pays de l’ex-Union soviétique. 

Il apparait que cet accord permet au président eurosceptique Václav Klaus de présider le Sommet européen de juin, où l’Irlande devrait évoquer l’avancement de son projet de second référendum sur le Traité de Lisbonne.

Le cabinet de M. Fischer, composé d’experts indépendants, a principalement vocation à achever la présidence tchèque de l’UE, à préparer le budget de l’Etat pour 2010 et à proposer des mesures anti-crise. Il a déclaré que cela ne sera pas un gouvernement de vision mais de travail, dans lequel ils auront souvent à terminer des tâches entamées par d’autres. 

Des élections anticipées sont programmées en octobre. Cependant, si les partis du Parlement échouent à former un nouveau gouvernement rapidement après les élections anticipées, le cabinet de M. Fischer resterait au pouvoir, malgré sa démission. 

La transition à la tête du gouvernement tchèque a suscité des inquiétudes à Bruxelles, sur la question de savoir si le pays serait encore à même d’assumer sa présidence tournante de l’UE de six mois. « La présidence tchèque n’en est qu’à mi-parcours, et nous attendons du nouveau gouvernement qu’il assume toutes ses tâches à la tête du Conseil de l’Union européenne », a déclaré Joseph Daul, président de EPP-ED, le plus grand groupe du Parlement européen.

« Totalement irrationnelle » 

Cyril Svoboda, le ministre du Développement régional du gouvernement tchèque démissionnaire, a confié  à EURACTIV France qu’il considérait comme « totalement irrationnelle » la situation politique de son pays. 
M. Svoboda a déclaré qu’il était « techniquement possible » pour son pays de présider l’UE, mais que cela serait « politiquement difficile ». Il a ajouté : « nous n’avons plus la confiance ».

M. Svoboda fait partie des Chrétiens-démocrates (KDU-CSL), un jeune partenaire du Parti démocratique civique (ODS), orienté à droite, de Mirek Topolánek. Le KDU-CSL a décidé de ne pas participer aux tentatives actuelles de création d’une nouvelle coalition gouvernementale entre l’ODS et l’opposition de gauche des Socio-démocrates (CSSD). 

« Mon parti a décidé de quitter cette coalition parce que nous devons être libres et indépendants avant les élections anticipées », a indiqué M. Svoboda. 

Pessimisme à propos de la ratification du traité de Lisbonne

Le traité de Lisbonne est bloqué au Sénat tchèque : de nombreux parlementaires ont prévenu qu’ils ne pourront pas procéder à la ratification du traité sans l’accompagner d’un accord avec les Etats-Unis quant à l’installation du système de radar (EURACTIV 19/03/09). M. Svoboda a confirmé que c’était « le problème le plus sérieux ». 

« Il y a aujourd’hui un processus de victimisation du traité. Nous avons besoin d’accomplir le processus de ratification au Sénat et d’avoir une majorité constitutionnelle. Mais je pense qu’il sera très difficile de convaincre tous les sénateurs membres des partis libéral, chrétien, et social-démocrate de créer cette majorité constitutionnelle qui n’existe pas aujourd’hui », a déclaré M. Svoboda. 

Le responsable politique tchèque a ajouté que le président du pays, Václav Klaus, s’opposait au traité, mais qu’il le signera si le Sénat l’adopte. Il a ajouté qu’il pensait que le vote aura lieu en mai.