Perturbateurs endocriniens : la Commission soutient l’Autorité européenne de sécurité des aliments
Tonio Borg, commissaire à la Santé, adopte une position conservatrice. Dans une lettre à l’organisation de lutte contre les pesticides PAN Europe, il soutient la définition des perturbateurs endocriniens de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Tonio Borg, commissaire à la Santé, adopte une position conservatrice. Dans une lettre à l’organisation de lutte contre les pesticides PAN Europe, il soutient la définition des perturbateurs endocriniens de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Certains perturbateurs endocriniens sont naturels alors que d’autres, présents dans les pesticides, les appareils électroniques, les produits d’hygiène personnelle et les cosmétiques, sont synthétiques. D'autres peuvent également se retrouver sous la forme d’additifs ou de contaminants non désirés dans les denrées alimentaires.
Le groupe d'action Pesticides Action Network (PAN) a accusé l'EFSA de créer des failles pour que l'industrie des pesticides échappe aux interdictions des substances chimiques qu'elle utilise.
Dans un avis publié au printemps, l'EFSA a souligné que toutes les substances actives sur le système endocrinien n'étaient pas nécessairement des perturbateurs endocriniens et qu'une distinction était nécessaire. Selon l'agence basée à Parme, les substances « endocriniennes actives » sont à peu près sans danger alors que les « perturbateurs endocriniens » pourraient entraîner des effets nocifs pour la santé.
>> Lire : La définition des perturbateurs endocriniens de l’EFSA suscite la controverse
L'avis de l'EFSA survient après que la Commission européenne a demandé en 2012 à l'agence de définir le critère scientifique pour les perturbateurs endocriniens afin d'éventuellement réglementer ces substances à l'avenir.
Dans une lettre ouverte adressée à Tonio Borg, PAN Europe a contesté les raisons à l'origine de l'avis de l'EFSA. « Nous n'avons pas du tout aimé la partie qui établit une corrélation entre l'activité endocrinienne et les effets nocifs. Alors que les substances perturbatrices du système endocrinien définissent clairement les propriétés des perturbateurs endocriniens, la réglementation pesticide/biocide indique que cette dernière suffit à interdire ces substances chimiques si elles "peuvent" provoquer des effets nocifs. »
Selon PAN Europe, l'EFSA a outrepassé ses pouvoirs en proposant une définition des perturbateurs endocriniens. Elle a également ajouté des éléments à la législation européenne sur les pesticides. La législation devrait rester telle quelle et être respectée à tous les niveaux, selon le groupe d'action.
Conflit avec l'industrie
À la suite de la lettre de PAN Europe, l'Association européenne de protection des cultures (ECPA), qui représente des fabricants de pesticides, a expliqué que le débat sur les perturbateurs endocriniens devrait s'appuyer sur « données scientifiques solides dans la prise de décision réglementaire ».
Selon l'ECPA, l'autorité européenne de sécurité des aliments ne crée pas de failles pour l'industrie et la nouvelle distinction entre les perturbateurs endocriniens et les « effets nocifs » est acceptable.
« L'avis de l'EFSA représente le point de vue indépendant de nombreux experts scientifiques de premier plan en Europe et fournit une position objective sur l'état actuel de la science sur la perturbation endocrinienne », a indiqué l'association.
Soutien de la Commission
Le cabinet de M. Borg a répondu à PAN Europe : l'EFSA a adopté la définition des perturbateurs endocriniens reconnue sur le plan international par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La Commission affirme que l'EFSA respecte la législation européenne lorsqu'elle définit les critères des perturbateurs endocriniens.
« De plus, nous réfutons vos déclarations sur les présomptions de conflit d'intérêts et de manque d'indépendance des experts de l'EFSA […] La politique de l'EFSA sur la transparence, l'indépendance et les conflits d'intérêts est très stricte. Elle a également été appliquée lors de la préparation de l'avis sur les perturbateurs endocriniens », a écrit la Commission.