Perspective stable pour la notation triple A de la France

L’agence Moody’s estime qu’un éventuel rejet du projet de loi qui vise à inscrire l’équilibre des finances publiques dans la Constitution n’entamerait pas la notation du pays.

EURACTIV.fr

L’agence Moody’s estime qu’un éventuel rejet du projet de loi qui vise à inscrire l’équilibre des finances publiques dans la Constitution n’entamerait pas la notation du pays.

La note souveraine « triple A » de la France conserve une perspective stable. Un éventuel rejet par le parlement du projet de « règle d’or » des finances publiques ne la remettrait pas en cause, estime l’agence de notation Moody’s.

Elle accorde à la République française la note Aaa, la plus élevée de son échelle de notation, tout comme ses concurrentes Standard & Poor’s et Fitch Ratings.

Examiné par l’Assemblée nationale le texte doit être voté officiellement le 10 mai. 

Supplément de crédibilité

« La perspective de la note de l’État français est stable », écrit Moody’s dans un commentaire daté du mardi 4 mai. C’est-à-dire le jour où les députés ont entamé l’examen du projet de loi qui vise à inscrire dans la constitution le retour à l’équilibre des comptes publics. Une « règle d’or » dont l’adoption définitive n’est pas acquise.

L’opposition a en effet réaffirmé qu’elle ne voterait pas le texte. Pour être adopté définitivement, il doit obtenir 60% des voix du Parlement réuni en congrès ou être soumis à référendum, ce qui est peu probable.

L’adoption du projet rendrait plus crédibles les objectifs de réduction du déficit affichés par Paris, a déclaré à Reuters le principal analyste de Moody’s en charge de la France, mais l’opinion de l’agence ne dépend pas de l’issue du débat politique.

« Cela constituerait un élément supplémentaire pour renforcer la crédibilité du plan », a indiqué Alexander Kockerbeck. « Cela aiderait à atteindre les objectifs. »

Outre la règle d’or, Moody’s considère dans sa note que le relèvement de l’âge de la retraite, décidé en novembre dernier, constitue un autre soutien potentiel à la note française.

Retour à un PIB solide

Sur le plan macroéconomique, l’agence estime que « l’on peut s’attendre à un retour à des chiffres de PIB plus solides, d’environ 2% en 2011 et 2012, avec le début d’un nouveau cycle d’investissement des entreprises ».

Pour Alexander Kockerbeck, la révision par les autorités françaises de l’objectif de réduction du déficit pour cette année à 5,7% contre 6% rend plus probable un pic du ratio dette/PIB à 86% l’an prochain, ce qui permettrait de faire refluer celui-ci à partir de 2013.

« Nous avons l’impression qu’ils sont en passe de revenir à une croissance économique et à des comptes publics plus solides », a-t-il dit à Reuters.

Moody’s relève cependant que l’évolution de la demande extérieure et les prix des matières premières demeurent des facteurs de risques pour le scénario de croissance français.

Plus largement, l’agence constate que la solidité financière de la France est jugée « très élevée », compte tenu de la capacité toujours « confortable » de l’État à assumer le fardeau de sa dette et du niveau bas des taux d’intérêt qu’il verse à ses créanciers.

Le rendement des obligations d’État françaises à 10 ans avoisine actuellement 3,65%, contre 3,30% pour les titres allemands de même échéance, référence dans la zone euro.