« Personne ne croit M. Barroso » en Grèce

En amont d'un sommet crucial de l’UE, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a exposé les détails de la série de mesures prévues pour remettre la Grèce surendettée sur les rails. Cependant, les manifestations de masse qui se déroulent à Athènes et dans d’autres villes indiquent clairement que « personne à travers le pays ne croit M. Barroso», selon EURACTIV Grèce.

EURACTIV.com
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En amont d'un sommet crucial de l’UE, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a exposé les détails de la série de mesures prévues pour remettre la Grèce surendettée sur les rails. Cependant, les manifestations de masse qui se déroulent à Athènes et dans d’autres villes indiquent clairement que « personne à travers le pays ne croit M. Barroso», selon EURACTIV Grèce.

Un jour après de violents affrontements à Athènes, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés devant le parlement grec aujourd'hui (20 octobre) pour protester contre des mesures d'austérité très impopulaires.

Les députés devraient adopter ces mesures dans la journée, comme l'ont demandé l'UE et le Fonds monétaire international (FMI). Ce projet de loi a survécu à un premier vote hier.

Le gouvernement détient une majorité de 154 sièges au parlement (qui en compte 300), mais la non-adoption de ces mesures pourrait embarrasser Athènes, dans la mesure où elle peine à convaincre ses bailleurs de fonds internationaux de continuer à la soutenir.

Devant la presse bruxelloise, M. Barroso a déclaré mercredi que le programme de l'UE et du FMI pour la Grèce pouvait réussir. « Mon message est le suivant : ça peut marcher. Ca peut marcher », a-t-il répété.

M. Barroso a donné l'exemple de la Lettonie qui, en 2009, a dû affronter une situation financière difficile qui a mené à des soulèvements populaires. Après que le pays a été renfloué via un programme du FMI de 7,5 milliards d'euros, la Lettonie s'en est remise et prévoit aujourd'hui une croissance de 4 % du PIB.

Le président de la Commission européenne a également expliqué que la Grèce disposait de 15 milliards d'euros de fonds structurels pouvant être utilisés de manière plus aisée, dans la mesure où l'exécutif européen en a facilité les conditions d'utilisation. La Grèce dispose de l'un des plus faibles taux d'absorption des fonds structurels, a-t-il rappelé.

« Nous proposons aux Etats membres d'utiliser les fonds structurels comme garanties auprès des banques qui prêtent à l'économie, car en Grèce, mis à part l'état du budget public, les crédits alloués à l'économie sont d'une certaine manière limités », a expliqué M. Barroso.

S'agissant de la perception de l'impôt, un domaine où la Grèce semble échouer sur toute la ligne depuis plusieurs années, M. Barroso a affirmé que le premier ministre grec, George Papandreou, avait demandé l'aide de la Commission.

« J'ai créé un groupe de travail présidé par [Horst Reichenbach] un ancien directeur général de la Commission et vice-président de la BERD, et ils font du très bon travail. C'est également le message que j'ai reçu de la part des autorités grecques : il faut essayer de débloquer les fonds structurels plus tôt », a affirmé M. Barroso.

Toutefois, selon EURACTIV Grèce, la situation est dans l'impasse et personne en Grèce ne croit M. Barroso.

Dans un article publié par notre partenaire, on peut lire que les mesures proposées auraient peut-être pu fonctionner dans d'autres pays, mais qu'elles échoueront en Grèce, où la société croule sous les mesures d'austérité et l'augmentation des impôts. Le pays est découragé par l'« absence totale de projets de développement » et « personne ne pense » que les mesures proposées par le président de la Commission fonctionneront.

« Le gouvernement piétine. Il peut tomber à tout moment en cas d'imprévu. L'avenir s'annonce difficile », peut-on encore lire sur le site Internet d'EURACTIV Grèce.