Persistance des divisions chez les socialistes français à 48h du vote des militants sur la C
A deux jours d'un référendum interne, le Parti socialiste français apparaît divisé en deux camps, l'un en faveur de la Constitution européenne, l'autre hostile au texte. EURACTIV résume ici les arguments de chacune des parties en présence.
A deux jours d’un référendum
interne, le Parti socialiste français apparaît
divisé en deux camps, l’un en faveur de la
Constitution européenne, l’autre hostile au texte.
EURACTIV résume ici les arguments de chacune des parties
en présence.
Le n°2 du Parti socialiste français (et
ancien premier ministre) Laurent Fabius mène la
campagne contre la Constitution, affirmant que celle-ci
ne repose pas sur le « modèle social » que
sa formation voudrait voir prévaloir au niveau
européen.
Les
partisans d’un « non »
lors du référendum estiment que la Constitution
européenne :
- n’assure pas un niveau de protection suffisant
des droits des travailleurs européens - fait du libéralisme économique l’un
des objectifs de l’Union - fait entrer les services publics dans le champ
d’application du droit de la concurrence - rend les coopérations renforcées
inopérantes - fait de la Banque centrale européenne un
organe totalement indépendant, sans recentrer sa
mission sur la poursuite des objectifs de croissance et
d’emploi - ne peut être modifiée que par triple
décision unanime des Etats membres - inscrit les politiques économiques de l’UE
dans un cadre trop rigide et
insuffisamment démocratique.
Fabius, qui se défend d’avoir rallié le
camp des eurosceptiques, souhaite que la Constitution
soit réécrite en profondeur. Sa position
suscite l’incompréhension du reste de la famille
socialiste européenne. Les partis socialistes
allemand, britannique et espagnol ont tous les trois
apporté leur soutien au texte.
Les partisans de la Constitution européenne
accusent Fabius de jouer sa carte personnelle afin de se
démarquer du leader du parti, François
Hollande, en vue des élections présidentielles
de 2007.
Le
camp du « oui »
affirme que la Constitution renforce le caractère
social et démocratique de l’UE, et souligne que
le texte introduit notamment les avancées
suivantes :
- la Charte des droits fondamentaux acquiert un
statut constitutionnel - les services publics et les « partenaires
sociaux » sont mieux reconnus - le plein emploi, le progrès social, la justice
et la diversité culturelle deviennent des
objectifs à part entière de l’Union, au
même titre que la concurrence - la procédure de vote à la majorité
qualifiée est étendue à 20 nouveaux
domaines (parmi lesquels la justice et les affaires
intérieures, l’agriculture, le budget, etc.);
par ailleurs, la prise de décision dans le cadre
de cette procédure est facilitée - le Parlement européen se voit attribuer des
pouvoirs accrus (notamment par le renforcement de son
rôle en matière budgétaire, ainsi que
par l’extension de la procédure de
« codécision » à de nouveaux
domaines) - les parlements nationaux obtiennent le droit de
contrôler la législation européenne - les institutions sont adaptées aux besoins
d’une Union élargie - le poste de ministre européen des affaires
étrangères est créé