Pénurie de main-d’œuvre : face à une Commission européenne inquiète, la France est « au travail »
« Nous sommes au travail », le ministre du Travail Olivier Dussopt a-t-il lancé à la marge d’un Conseil « Emploi et affaires sociales » (EPSCO) à Luxembourg lundi, alors que la Commission européenne s’inquiète de la pénurie de main-d’œuvre en Hexagone.
« Nous sommes au travail », le ministre du Travail Olivier Dussopt a-t-il lancé à la marge d’un Conseil « Emploi et affaires sociales » (EPSCO) à Luxembourg lundi (12 juin), alors que la Commission européenne s’inquiète de la pénurie de main-d’œuvre en Hexagone.
En mai, la Commission avait rendu publique ses recommandations pour la France dans le cadre du Semestre européen, qui vise à coordonner les politiques économiques, sociales et budgétaires des pays membres de l’UE.
Elle avait alors alerté sur les « déséquilibres macroéconomiques » du pays, avec une attention toute particulière sur la pénurie de main-d’œuvre que connaît aujourd’hui la France.
Si des efforts ont été faits pour « investir dans la formation continue et la reconversion professionnelle », précise la Commission, de nombreuses barrières persistent, notamment la faible participation des personnes non-qualifiées dans le marché du travail comparée aux autres pays européens.
En outre, « les pénuries de main-d’œuvre dans les secteurs clefs pour la transition verte […] ralentissent [les efforts français] pour atteindre la neutralité carbone » d’ici 2050, indiquent les documents de l’institution bruxelloise.
Une critique que M. Dussopt rejette fermement : la France est « au travail », a-t-il répondu à une question d’EURACTIV, précisant que le gouvernement a depuis un an « mené un certain nombre de réformes relatives au marché du travail », dont la révision des règles de l’assurance-chômage, mise en œuvre depuis le 1er février.
Avec cette réforme, les chômeurs verront leur durée d’indemnisation baisser de 25 % dès que le taux de chômage national passe sous la barre des 9 %. Le statu quo sera rétabli si le taux de chômage dépasse 9 %, ou s’il augmente de plus de 0,8 % au cours d’un trimestre.
Le ministre a aussi cité la reconduction du plan d’investissement dans les compétences et le projet de loi pour le plein-emploi comme leviers efficaces pour répondre aux problématiques de recrutement.
« C’est un sujet sur lequel nous travaillons [mais] avec optimisme dans la mesure où notre économie continue à créer des emplois […]. La marche vers le plein-emploi continue », a-t-il conclu.
Selon les chiffres de Pôle emploi pour 2023, 61 % des recrutements sont jugés « difficiles », une statistique historique par son ampleur. Dans 85 % des cas, les recruteurs déplorent un nombre insuffisant de candidats, tandis que 79 % d’entre eux font état de profils inadéquats.
Au niveau européen, une entreprise sur quatre aurait été contrainte de baisser sa production suite à des problèmes de recrutement, analyse le European Trade Union Institute, un laboratoire de recherche européenne.