Peer Steinbrück favorable à une Europe plus solidaire
Principal rival d'Angela Merkel aux élections allemandes, le candidat social-démocrate veut augmenter le pouvoir d'achat des Allemands afin de rééquilibrer les échanges économiques entre les pays européens.
Principal rival d’Angela Merkel aux élections allemandes, le candidat social-démocrate veut augmenter le pouvoir d’achat des Allemands afin de rééquilibrer les échanges économiques entre les pays européens.
Du propre aveu de François Hollande, une « tension amicale » existe entre Paris et Berlin. L’alternance politique serait-elle à même de détendre les relations entre les deux pays ? Candidat social-démocrate, en lice contre Angela Merkel pour les élections du 22 septembre, Peer Steinbrück parle une langue un peu plus proche de celle du chef de l’Etat français.
Interrogé par le Monde, le représentant du SPD tente de mettre en relief sa différence avec la chancelière : «Elle passe pour le défenseur des intérêts du contribuable. C’est populaire dans une Allemagne qui ne veut pas devenir la vache à lait de l’Europe. Je suis d’un avis différent : nous devons être conscients que l’Europe ne peut fonctionner que si elle est solidaire envers ceux qui traversent des difficultés », explique-t-il dans un entretien publié le 9 avril.
« A force de consolider, on va mourir en bonne santé »
Parmi les actions à mener, l’Allemagne pourrait améliorer le pouvoir d’achat de sa population. Introduction de «salaire minimum », salaires connectés aux « gains de productivité » et à « l’inflation », égalité salariale hommes-femmes, font partie des mesures soutenues par le social-démocrate.
S’il ne transige pas avec le sérieux budgétaire, Peer Steinbrück se montre lucide sur les conséquences de l’austérité dans sa version européenne : « A force de consolider, on va mourir en bonne santé. Un médicament peut soigner ou être mortel, selon la dose. Pour l’instant, la dose prescrite a plongé certains pays dans une spirale descendante : consolidation, récession, chômage, recul des recettes fiscales, hausse des déficits. »
Loin de s’évanouir, les points de tension avec l’Allemagne ressurgissent dès que les sujets sont abordés en détail. « Je ne crois pas que nous puissions avoir rapidement un fonds européen commun de garantie des dépôts », affirme le candidat, ajoutant qu’une « caisse d’épargne allemande » n’accepterait pas de payer pour « une banque étrangère qui a pris de mauvaises décisions ». Les Etats sont pourtant censés s’accorder d’ici juin sur ce projet.