Pedro Sánchez veut former un gouvernement progressiste avec Sumar
Le Premier ministre espagnol et président du Parti socialiste ouvrier (PSOE), Pedro Sánchez, a déclaré lundi que son parti trouverait « une formule pour gouverner » avec la nouvelle plateforme de gauche Sumar, au lendemain d’élections générales peu concluantes qui se sont soldées par un parlement sans majorité.
Le Premier ministre espagnol et président du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sánchez, a déclaré lundi (24 juillet) que son parti trouverait « une formule pour gouverner » avec la nouvelle plateforme de gauche Sumar, au lendemain d’élections générales peu concluantes qui se sont soldées par un parlement sans majorité.
Pedro Sánchez a été reçu avec le sourire par ses collègues lundi matin, lors de la réunion exécutive du PSOE (Socialistes et Démocrates européens), bien qu’il soit arrivé en deuxième position lors des élections de dimanche (23 juillet), rapporte le média partenaire d’EURACTIV, EFE. De son côté, le Partido Popular conservateur (Parti populaire européen) a remporté le plus grand nombre de sièges, mais n’a pas réussi à obtenir une majorité avec le parti d’extrême droite Vox (Conservateurs et Réformistes européens).
Le PSOE a gagné du terrain lors du scrutin de dimanche — avec deux sièges supplémentaires par rapport aux élections précédentes — mais, pour gouverner, le parti aurait encore besoin du soutien du parti indépendantiste Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya), dirigé par l’homme politique en exil et ancien président de la généralité, Carles Puigdemont.
M. Sánchez, qui a exclu lundi la possibilité que de nouvelles élections soient organisées, n’a pas discuté avec ses collègues de l’éventualité de négociations avec les séparatistes catalans, ont indiqué des sources socialistes à EFE.
Par ailleurs, Jaume Asens, un ancien député de la plateforme catalane En Comú Podem, négocie déjà avec M. Puigdemont au nom de Sumar et de sa présidente, Yolanda Díaz, afin de faciliter l’investiture de M. Sánchez et de permettre la formation d’un nouveau gouvernement de coalition progressiste, ont déclaré lundi des sources proches des négociations, d’après El País.
Junts per Catalunya, qui possède sept sièges, apparaît comme la pièce fondamentale de ce puzzle politique complexe, car M. Sánchez a besoin de l’abstention du parti indépendantiste catalan pour pouvoir prêter serment pour un second mandat.
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Les exigences et la « clé catalane »
Toutefois, le parti indépendantiste a clairement indiqué qu’il ne soutiendrait pas M. Sánchez « pour rien » et a rappelé qu’il disposait de ses propres exigences, parmi lesquelles une amnistie en faveur de tous les militants catalans indépendantistes, qui ont été condamnés ou graciés, ainsi que l’autodétermination de la Catalogne.
Or, ces exigences sont inacceptables pour M. Sánchez. Par conséquent, la perspective d’une impasse et d’un nouveau tour électoral, peut-être en décembre, n’est pas à exclure.
Le secrétaire général de Junts per Catalunya, Jordi Turull, a rejeté lundi la perspective d’un éventuel soutien accordé à M. Sánchez. « Je ne conçois pas d’investiture pour l’instant », a-t-il déclaré à la radio RAC1.
M. Turull a exhorté la Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, ERC) et le reste des forces indépendantistes catalanes, dont les voix sont décisives pour obtenir des majorités au parlement espagnol, à profiter de cette occasion pour « reconstruire l’unité stratégique » et proposer conjointement des conditions à M. Sánchez, qui doivent inclure « l’amnistie et l’autodétermination » de la Catalogne.
Convaincue que tous les partis indépendantistes catalans détiennent la clé de la formation d’une « majorité alternative progressiste » en Espagne, la secrétaire générale adjointe de l’ERC, Marta Vilalta, a pressé lundi Junts per Catalunya d’unir ses forces de négociation à Madrid et d’éviter un blocage du parlement.
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Le problème Puigdemont
La situation devient de plus en plus complexe pour M. Sánchez : le ministère public a demandé lundi à un juge du Tribunal suprême, Pablo Llarena, d’ordonner la recherche, l’arrestation et l’emprisonnement de M. Puigdemont et de l’ancien conseiller régional catalan Antoni Comín, à la suite de la levée de l’immunité dont ils jouissaient en tant que députés au Parlement européen.
« Un jour, vous êtes décisif dans la formation d’un gouvernement en Espagne et, le lendemain, l’Espagne ordonne votre arrestation », a écrit M. Puigdemont en anglais sur Twitter.
Cherchant à adopter un ton plus positif, M. Sánchez a souligné que l’Espagne « a dit non à la régression et aux reculs », dans un clin d’œil au Partido Popular (PP) et au parti Vox, qui ont perdu 19 sièges dimanche.
Il a ajouté que le PSOE était « une référence en Europe et dans le monde ».
Selon des sources au siège du PSOE à Madrid, « il reste à voir » si le PP tentera d’obtenir un soutien pour créer un gouvernement minoritaire.
Le PP a obtenu 136 sièges et Vox 33, ce qui signifie qu’il leur manque sept sièges pour obtenir la majorité absolue.
Les socialistes de M. Sanchez détiennent 122 sièges et le parti de gauche Sumar, partenaire mineur de l’actuel gouvernement formé par le PSOE et Unidas Podemos, en compte 31.
Lorsque le nouveau parlement se réunira le 17 août, une majorité absolue de 176 sièges sera nécessaire pour investir un Premier ministre lors du premier vote, tandis qu’une majorité simple suffira lors des votes suivants.
Le PP attend de voir si le dépouillement des votes effectués à l’étranger, appelé vote CERA, vendredi (28 juillet), lui permettra d’ajouter trois sièges supplémentaires à ses 136 députés.
Le dépouillement des votes à l’étranger est donc déterminant pour l’avenir du gouvernement du pays et la répartition des forces, car le PSOE pourrait retomber à 121 sièges si le PP en gagnait un autre à Madrid et si Junts per Catalunya perdait l’un de ses sept représentants.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]