Pedro Sánchez : la star du socialisme européen menace de démissionner, la droite attaque

Tous les regards sont tournés vers le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui doit annoncer lundi s'il démissionne. Autant ses alliés socialistes que la droite attendent nerveusement une décision qui pourrait redistribuer les cartes à Bruxelles avant les élections européennes de juin.

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Spanish PM Sanchez attends to the closing ceremony of the Cars and Lorries Manufactures Association
Sa démission serait un coup dur pour les socialistes européens dans l’ensemble, dont le pouvoir va s'affaiblissant partout en Europe. [[EPA-EFE/Javier Lizon]]

Tous les regards sont tournés vers le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui doit annoncer lundi (29 avril) s’il démissionne. Autant ses alliés socialistes que la droite attendent nerveusement une décision qui pourrait redistribuer les cartes à Bruxelles avant les élections européennes de juin.

M. Sánchez a annoncé mercredi (24 avril) qu’il envisageait de démissionner après qu’un tribunal a ouvert une enquête préliminaire sur son épouse, Begoña Gómez, à la suite d’allégations de corruption.

Le Premier ministre a déclaré que sa femme coopérerait et laverait son honneur, mais il a dénoncé les allégations comme étant motivées politiquement par l’extrême droite.

« [La décision du Premier ministre] m’attriste, mais je sais que Pedro Sánchez est depuis longtemps victime d’attaques ignobles de la part de l’extrême droite. Je suis aux côtés de Pedro Sánchez. Je suis convaincu que la situation sera résolue rapidement et positivement », a déclaré à Euractiv la tête de liste du Parti socialiste européen (PSE), Nicolas Schmit.

« Pedro, les progressistes européens sont à tes côtés, aux côtés de ton épouse et de ta famille », a déclaré le secrétaire général du PSE, Giacomo Filibeck, sur X.

Sa démission serait un coup dur pour les socialistes européens dans l’ensemble, dont le pouvoir va s’affaiblissant partout en Europe.

En même temps, cette décision rebat les cartes pour le poste de président du Conseil européen, poste souvent occupé par un socialiste européen.

Le portugais Antonio Costa, l’un des prétendants les plus en vue pour cette présidence, avait démissionné de son poste de Premier ministre à la suite d’un scandale de corruption qui a touché son parti. À la suite d’une élection éclair, le leader de centre droit Luis Montenegro est entré au gouvernement.

C’est aussi la droite qui pourrait reprendre le pouvoir si M. Sánchez décidait de démissionner. Selon les derniers sondages, le Parti populaire espagnol (PP) devance les socialistes espagnols de huit pour cent.

Les socialistes ne disposeraient alors plus que de trois de leurs camarades à la tête d’Etats membres : Olaf Scholz (Allemagne), Frederike Mettesen (Danemark) et Robert Abela (Malte). À l’inverse, le Parti populaire européen compte actuellement 12 dirigeants nationaux.

La droite européenne attaque

Le PPE n’a pas manqué de s’en prendre à M. Sánchez.

« On récolte ce que l’on sème. C’est ce qui arrive quand on ne tient pas compte de la volonté des citoyens », a déclaré Thanasis Bakolas, secrétaire général du PPE, à Euractiv.

« C’est un homme qui n’a pas écouté ce que les électeurs espagnols ont décidé lors des élections de l’été dernier […] [Alberto Núñez] Feijóo a respecté la volonté du peuple, mais n’a pas pu former un gouvernement bien qu’il ait remporté les élections. [Pedro] Sánchez a ignoré la volonté du peuple et a courtisé les extrêmes pour s’accrocher à son siège », a ajouté le secrétaire général, faisant référence aux accords des socialistes avec les partis nationalistes catalans et basques.

Le patron du PP, Alberto Núñez Feijóo, a déclaré dans un communiqué de presse que M. Sánchez « s’auto-victimise » pour « mobiliser sa base électorale ». Il est persuadé que le Premier ministre ne démissionnera pas afin de « continuer à faire barrage à la droite ».

La démission de M. Sánchez pourrait également inquiéter la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Elle perdrait un allié proche à un moment où sa réélection à la présidence n’est pas acquise.

M. Sánchez a été le premier chef de gouvernement à soutenir publiquement Mme von der Leyen pour un second mandat en juillet, même s’il ne fait pas partie de la même famille politique.