Pedro Sánchez empêche les États-Unis d'utiliser les bases espagnoles pour leur opération contre l'Iran

Ce conflit vient s'ajouter aux tensions entre Washington et Madrid au sujet de la politique de défense de l'Espagne.

EURACTIV.com
The Arrivals Of The Members Of The European Council
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez arrive au bâtiment Europa à Bruxelles, en Belgique, le 18 décembre 2025, pour le Conseil européen. [ Daniel Pier/NurPhoto via Getty Images]

MADRID – Les avions ravitailleurs américains ont quitté les bases militaires du sud de l’Espagne après que le Premier ministre Pedro Sánchez a refusé d’autoriser les opérations de soutien logistique liées à la campagne conjointe américano-israélienne contre l’Iran.

La ministre de la Défense, Margarita Robles, a déclaré lundi que l’Espagne « n’avait pas fourni et ne fournirait pas » d’aide pour ce qu’elle a qualifié d’opération « unilatérale » via les bases communes de Rota et Morón.

La décision de l’Espagne de refuser l’autorisation de vol marque le dernier point de discorde entre Sanchez, fervent détracteur d’Israël et de Donald Trump, et l’administration américaine ces derniers mois.

Les avions ravitailleurs américains stationnés en permanence en Espagne n’opéreront pas depuis le sol espagnol pour cette mission, a déclaré Mme Robles, ajoutant que Washington avait pris la « décision souveraine » de les déplacer ailleurs.

Bien que Rota et Morón soient exploitées conjointement dans le cadre d’un accord bilatéral de 1988, Mme Robles a souligné que toute utilisation des installations devait être conforme au droit international.

Ces bases servent de plaque tournante stratégique pour les troupes, l’équipement et le carburant américains à destination du Moyen-Orient et du Golfe. Leur rôle a déjà suscité la controverse, notamment lors du bref conflit entre Israël et l’Iran l’année dernière, lorsqu’elles ont servi de points d’escale pour les bombardiers et les avions ravitailleurs américains, puis à la suite d’informations faisant état de transferts militaires américains vers Israël malgré l’embargo espagnol.

Sánchez n’a pas caché son opposition à l’intervention militaire américaine. « On peut être à la fois contre le régime odieux de l’Iran et contre l’intervention militaire », qu’il a jugée « injustifiée, dangereuse et contraire au droit international », a-t-il déclaré dimanche.

Lundi, l’ambassadeur d’Iran en Espagne, Reza Zabib, a déclaré qu’il « appréciait » les propos de Sánchez. Interrogé sur les propos du Premier ministre faisant référence au « régime odieux » de l’Iran, M. Zabib s’est abstenu de répondre.

Cet épisode vient s’ajouter aux tensions plus générales entre Madrid et Washington. M. Sánchez a résisté aux pressions visant à augmenter les dépenses de défense au-delà du seuil de 2 % du PIB fixé par l’OTAN, arguant que des dépenses plus élevées compromettraient le modèle social espagnol.

Le président américain Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises les dépenses militaires de l’Espagne, qui sont passées de 1,43 % du PIB en 2024 à 2 % à la fin de l’année dernière, selon les données de l’OTAN.