Pedro Sánchez défend son bilan sur fond de scandales de corruption

Lors d'une rare apparition à la télévision, le Premier ministre espagnol a prôné l'unité tout en repoussant les accusations de corruption.

EURACTIV.com
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Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol et secrétaire général du PSOE (parti social-démocrate espagnol), a tenu une conférence de presse à l'issue du sommet du Conseil européen, le 26 juin 2025. [Nicolas Economou/NurPhoto via Getty Images]

Confronté à la période la plus difficile de son mandat et probablement de carrière politique, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez est apparu à la télévision nationale pour défendre les réussites de son gouvernement.

Le dirigeant socialiste, plus habitué à s’adresser aux médias internationaux, a accordé sa dernière interview aux médias espagnols il y a plus d’un an, sur la chaîne de radio Cadena Ser. Alors que les affaires de corruption liées à son cercle rapproché se multiplient, ses apparitions publiques sont devenues de plus en plus rares, relèvent les médias conservateurs.

Pedro Sánchez a ouvert le calendrier politique lundi 1ᵉʳ septembre en exhortant la classe politique espagnole à « agir » et à soutenir un pacte national contre le changement climatique. Son appel fait suite à la pire saison d’incendies de forêt de l’histoire récente de l’Espagne, avec plus de 400 000 hectares ravagés par les flammes ces dernières semaines.

Dès le début de l’entretien, Pedro Sánchez a défendu sa gestion de la crise, insistant sur le fait que l’Espagne était « bien préparée » à y faire face. « Nous l’avons vu avec le déploiement de milliers de personnes, qui sont prêtes à agir », a-t-il expliqué.

Les critiques de l’opposition, a-t-il affirmé, ne reflètent rien d’autre qu’un « manque de loyauté institutionnelle ».

Alors que l’opposition a qualifié d’« inefficace et lente » la réponse du gouvernement face aux incendies, le Premier ministre a répondu que « la crise climatique dépasse toutes les prévisions scientifiques à ce jour », et a accusé ses détracteurs de nier l’existence du changement climatique.

L’entretien a aussi été l’occasion d’évoquer un rapport de police qui a fait l’effet d’une bombe en juin, alléguant un système de corruption de plusieurs millions d’euros impliquant des appels d’offres publics truqués et un trafic d’influence lié au parti de Pedro Sánchez, à son cercle proche et peut-être à lui-même. Le premier ministre espagnol a répondu qu’il n’avait « jamais toléré » aucun cas de corruption en tant que secrétaire général du Parti socialiste ouvrier (PSOE).

« La corruption systématique a pris fin avec la motion de censure en 2018 ».

Le moment le plus épineux de l’interview est survenu lorsque Pedro Sánchez a été interrogé sur l’inculpation de sa femme et de son frère, notamment pour trafic d’influence. Le dirigeant socialiste s’est rapidement dérobé.

« Il y a des juges qui font de la politique et des politiciens qui administrent la justice », a-t-il répondu, défendant l’innocence de ses proches, tous deux actuellement inculpés.

Le Premier ministre espagnol a également soutenu la procureure générale de l’État, qui fait elle-même l’objet d’une enquête et dont la décision de rester en fonction a suscité un tollé parmi les juges et les magistrats.

Malgré la pression croissante, Pedro Sánchez a réaffirmé qu’il n’envisageait ni de démission ni d’élections anticipées, car il cherche à maintenir sa fragile coalition à flot jusqu’aux élections de 2027.