Pays-Bas : les discussions sur la formation d’un gouvernement de droite se poursuivent

Le responsable des négociations de formation d’un gouvernement, Ronald Plasterk, estime qu’une coalition de droite est « possible » si le PVV (extrême droite) abandonne ses positions anti-UE et anti-Islam, comme l’exigent le NSC (centre droit) et le VVD (libéral) pour préserver l’État de droit au Pays-Bas.

Euractiv.com
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Même si le NSC et le VVD sont réticents à négocier avec l’extrême droite en raison de la rhétorique anti-islam du parti, le chef du PVV, Geert Wilders, a exprimé sa volonté de « suspendre » les objectifs électoraux les plus controversés, bien que ceux-ci soient « dans l’ADN » du parti, a-t-il souligné. [Shutterstock/Jeroen Meuwsen]

Écartant la possibilité d’un gouvernement centriste incluant Frans Timmermans, le responsable des négociations de formation d’un gouvernement, Ronald Plasterk, estime qu’une coalition gouvernementale de droite est « possible » si le Parti pour la liberté (PVV – extrême droite) abandonne ses positions controversées anti-UE et anti-Islam, comme l’exigent le Nouveau contrat social (NSC – centre droit) et le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD – libéral) pour préserver l’État de droit au Pays-Bas.

Après la victoire écrasante du PVV aux élections nationales néerlandaises de novembre, avec 37 sièges sur 150, un gouvernement de droite formé par le PVV, le NSC, le VVD et le Mouvement agriculteur-citoyen (BBB) semble être une option probable.

Même si le NSC et le VVD sont réticents à négocier avec l’extrême droite en raison de la rhétorique anti-islam du parti, le chef du PVV, Geert Wilders, a exprimé sa volonté de « suspendre » les objectifs électoraux les plus controversés, bien que ceux-ci soient « dans l’ADN » du parti, a-t-il souligné, comme l’a rapporté la chaîne d’informations publiques officielles néerlandaise NOS.

Parallèlement, M. Plasterk précise dans un rapport que le VVD rejette l’idée d’une coalition de centre gauche avec le Parti travailliste-Gauche verte de M. Timmermans (PvdA-GroenLinks), voyant le parti libéral pro-UE Démocrates 66 (D66) et le parti de centre droit NSC comme une solution logique.

Dans ce contexte, M. Plasterk recommande que les quatre forces (PVV, NSC, VVD et BBB) organisent des discussions afin de convenir d’un plan politique visant à protéger les droits fondamentaux et la Constitution du pays.

« Je recommande d’examiner la possibilité d’un accord entre les partis PVV, VVD, NSC et BBB sur une ligne de base commune pour protéger la Constitution, les droits fondamentaux et l’État constitutionnel démocratique », écrit M. Plasterk dans son rapport, publié lundi (11 décembre) après des discussions avec chaque groupe.

Si les partis parviennent à se mettre d’accord sur des garanties constitutionnelles pour les promesses électorales du PVV, qui vont selon eux à l’encontre de la Constitution, les négociations se poursuivront sur des sujets politiques importants tels que l’immigration, le climat, la sécurité sociale, l’azote et l’agriculture.

Même si les partis s’accordaient sur les garanties et les orientations politiques, les négociations de coalition ne seront pas « une partie de plaisir », a prévenu M. Plasterk, étant donné que le VVD a déclaré vouloir soutenir un gouvernement minoritaire sans participer à la coalition, tandis que le NSC n’accepterait de former un gouvernement avec l’extrême droite que si le VVD en faisait également partie.

Pour le PVV, la prochaine étape est de nommer un informateur, qui dirigera les discussions entre les quatre partis jusqu’à la fin du mois de février, date à laquelle le président du parlement attend un nouveau rapport.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]