Pays-Bas : le gouvernement sous pression à propos des règles de regroupement familial pour les migrants

Les désaccords sur les règles du regroupement familial ont immobilisé le gouvernement néerlandais, les partis de la coalition, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD, Renew) et l’Union chrétienne (CU, PPE), restant très divisés sur la question.

Euractiv.com
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Le ministre du Logement, Hugo de Jonge (CDA), s’est montré prudemment optimiste à l’issue des discussions, surtout par rapport à la veille, où les tensions étaient beaucoup plus visibles. [Shutterstock/Ruslan Shugushev]

Les désaccords sur les règles du regroupement familial ont paralysé le gouvernement néerlandais, les partis de la coalition, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD, Renew) et l’Union chrétienne (CU, PPE), restant très divisés sur la question.

La question de l’immigration est depuis longtemps une pomme de discorde au sein du gouvernement néerlandais. Alors que le VVD de centre droit et l’Appel chrétien-démocrate (CDA, PPE) prônent une position plus dure sur la question, l’Union chrétienne et le parti libéral D66 (Renew) appellent à une approche plus humanitaire et « judiciairement réalisable » dans le cadre des accords internationaux.

« Nous sommes en train de discuter pour parvenir à un accord sur la migration. Il s’agit d’une étape dans un processus d’étapes », a déclaré le Premier ministre Mark Rutte (VVD) tôt vendredi matin (7 juillet), à l’issue des discussions de crise entre les quatre partis de la coalition.

Le ministre du Logement, Hugo de Jonge (CDA), s’est montré prudemment optimiste à l’issue des discussions, surtout par rapport à la veille, où les tensions étaient beaucoup plus visibles.

« C’est une grande différence par rapport à hier. Nous avons parlé pendant cinq heures maintenant. On ne fait pas cela si l’on ne pense pas que l’on peut se rapprocher », a-t-il affirmé jeudi.

« Nous avons eu de très bonnes conversations, mais nous ne sommes pas sortis d’affaire tant que ce n’est pas finalisé », a déclaré la ministre des Finances Sigrid Kaag (D66) à l’issue des négociations, ajoutant que son parti « pense qu’il y a déjà un paquet solide en place, mais que tous les quatre doivent s’entendre ».

L’impasse actuelle tourne autour d’opinions très divergentes concernant les règles de regroupement familial, le VVD étant fermement décidé à limiter le regroupement familial à un total de 200 membres de famille par mois pour l’ensemble des réfugiés de guerre, avec une période d’attente de deux ans — une mesure à laquelle la CU et D66 se sont opposés avec véhémence.

La dispute au sein de la coalition intervient dans le contexte d’une réforme du système migratoire néerlandais, qui visait à diviser les demandeurs d’asile en deux groupes distincts. Le premier groupe comprendrait les personnes persécutées en raison de leurs convictions politiques et religieuses ou de leur orientation sexuelle, tandis que le second groupe serait constitué de réfugiés de guerre, dont le séjour est censé être simplement temporaire et qui jouiraient de moins de droits que le premier groupe.

Alors que la CU et son partenaire de coalition D66 étaient prêts à faire des concessions sur d’autres sujets, comme des mesures plus sévères contre les abus en matière d’asile ou la division susmentionnée des demandeurs d’asile en deux groupes, la nouvelle proposition de M. Rutte sur le regroupement familial s’avérerait être un pas de trop.

« Il y a des choses que vous pouvez nous demander, et il y a des choses que vous ne pouvez pas nous demander », a indiqué Mirjam Bikker, chef de file de la CU, à propos de la proposition mercredi, ajoutant qu’elle ne correspondait pas à l’image que le parti se fait de lui-même en tant que parti de la famille.

Le mois dernier, des voix au sein du VVD avaient déjà déclaré qu’elles seraient prêtes à accepter une chute du gouvernement si aucun progrès significatif n’était réalisé sur la question de l’immigration, pressant M. Rutte d’agir.

Le cabinet continuera à discuter de la question vendredi, et l’on s’accorde à penser qu’une décision définitive doit être prise au plus tard lundi prochain, car le Premier ministre Mark Rutte, le ministre des Affaires étrangères Wopke Hoekstra (CDA) et la ministre de la Défense Kajsa Ollongren (D66) doivent participer au sommet de l’OTAN à Vilnius à partir de mardi prochain.