Pascal Lamy plaide pour une meilleure régulation des marchés financiers
Devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a insisté pour une relance rapide des négociations du cycle de Doha. Il s’est également exprimé sur la crise du crédit, dénonçant le manque de régulation de l’économie financière.
Devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a insisté pour une relance rapide des négociations du cycle de Doha. Il s’est également exprimé sur la crise du crédit, dénonçant le manque de régulation de l’économie financière.
«En matière financière, c’est peu dire que les événements depuis plus d’un an ont montré l’absence de régulation internationale efficace.» Evoquant la crise financière mondiale devant les députés de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Pascal Lamy, a critiqué, mercredi 1er octobre, l’autorégulation des marchés. Déplorant des «normes minimales», il a tancé les «États nations arc-boutés sur leurs intérêts particuliers.»
L’OMC au secours de la crise financière?
Face à des députés inquiets et soucieux de renforcer la régulation de la sphère économique, Pascal Lamy a souligné l’intérêt des mécanismes mis en place à l’OMC. «L’OMC est souvent présentée comme l’ancre de la régulation économique internationale» a-t-il indiqué. A ce titre, dans un contexte de crise, «le maintien des marchés internationaux ouverts» permet «aux pays touchés de sortir rapidement de la récession.»
Evoquant les circuits financiers déconnectés de l’économie réelle, le directeur général de l’OMC a donc plaidé pour l’élimination des obstacles aux échanges. Selon Pascal Lamy, la crise du système financier renforce en effet la nécessité de conclure prochainement le cycle de Doha. L’OMC est «absorbeur de choc» a-t-il précisé. S’il est encore trop tôt pour dire «de quelle manière l’impact de la crise financière va se transmettre à l’économie réelle», l’OMC pourrait faire office de «police d’assurance globale pour une économie réelle globale.»
Redistribuer les cartes du commerce mondial
Mais pour le directeur général de l’OMC, les missions de l’organisation garderont une pertinence à condition d’intégrer l’idée selon laquelle les États-Unis, l’Europe, le Japon et le Canada ne font plus seuls la loi du commerce mondial. Au plan politique, il s’agit donc de rééquilibrer les règles de l’OMC en faveur des pays en voie de développement, pour lesquels «les règles actuelles du commerce portent la marque de rapports de domination anciens.»
L’UE doit apprendre à «tailler des compromis»
Sous peine d’affaiblir lourdement son poids politique au cours de chaque négociation internationale, l’UE doit parvenir à trouver un compromis entre ses membres, a souligné le directeur général de l’OMC.
Revenant sur l’échec de juillet dernier, M. Lamy a indiqué que «le paquet de l’été était un bon deal pour l’UE, en matière industrielle, de service et agricole.» A rebours de la position des négociateurs français, M. Lamy a tancé l’Hexagone sur l’agriculture. En tant que grande puissance agricole, «la France a intérêt à ce que les droits douaniers sur l’agriculture baissent afin de donner aux agriculteurs français un accès plus large aux marchés internationaux.»