Pas un mot sur l’Union méditerranéenne à la conférence de Sharm El Sheikh

Alors que l’Egypte a accueilli une conférence UE - Afrique - Moyen-Orient sur l’énergie, la question de l’articulation du projet d’Union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy et des coopérations euro-méditerranéennes existantes se pose.

Alors que l’Egypte a accueilli une conférence UE – Afrique – Moyen-Orient sur l’énergie, la question de l’articulation du projet d’Union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy et des coopérations euro-méditerranéennes existantes se pose.

Contexte :

Lors d’une conférence UE – Afrique – Moyen-Orient sur l’énergie le 1er novembre à Sharm El Sheikh (Egypte), les représentants d’États, d’institutions financières internationales et d’organisations régionales et internationales ont discuté des moyens d’améliorer l’efficacité énergétique et la coopération transrégionale en matière d’hydrocarbures et d’énergies renouvelables.

De son côté, Nicolas Sarkozy place l’énergie au cœur des coopérations concrètes autour desquelles son projet d’Union méditerranéenne devrait se construire, à l’instar de ce que l’Europe a fait avec le charbon et l’acier dans les années 1950 (CECA) (Lire Euractiv 25/10).

Ce projet, lancé pendant la campagne présidentielle et exposé avec plus de détails au Maroc le 23 octobre, devrait à nouveau être au cœur de prochains déplacements du chef de l’État en Algérie et en Tunisie.

Enjeux :

La Commission européenne a déjà indiqué que si elle accueillait favorablement, sur le principe, l’initiative française, elle s’inquiétait de son articulation avec les projets européens existants en matière de coopération euro-méditerranéenne.

Alain Leroy, ambassadeur chargé de l’organisation de l’Union méditerranéenne par Nicolas Sarkozy, a ainsi rencontré des conseillers de la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, vendredi 26 octobre, sans que cette entrevue débouche sur une communication officielle.

En matière énergétique notamment, un certain nombre de coopérations sont déjà en cours entre l’Europe et ses partenaires méditerranéens. Elles se déroulent dans le cadre du Processus de Barcelone, un partenariat euro-méditerranéen entamé en 1995, avec neuf États du sud et de l’est de la Méditerranée, et de la politique européenne de voisinage, lancée en 2004 à l’adresse des pays du sud et de l’est de l’Union.

Concrètement, des plans d’action ont ainsi été élaborés afin de rapprocher les différents marchés de l’énergie. Les objectifs sont multiples :

  • obtenir une convergence graduelle vers une optimisation des réseaux et des infrastructures,
  • accroître la maîtrise de la demande, l’efficacité énergétique et l’utilisation des sources d’énergie renouvelables.

Des programmes de coopération énergétique bilatérale entre l’UE et des pays du pourtour méditerranéen existent aussi, ou sont en voie d’être conclus, avec le Maroc, l’Egypte, la Jordanie, l’Algérie ou la Lybie.

En amont de la conférence de Sharm El Sheikh, la commissaire européenne aux Relations extérieures a déclaré  : « quand l’UE pense à la sécurité énergétique, elle ne regarde pas seulement à l’est mais aussi au sud. Nous sommes déterminés à étendre notre réseau de partenaires énergétiques en développant des partenariats bilatéraux et des initiatives régionales ».

Ferrero-Waldner et le commissaire à l’Energie Andris Piebalgs ont aussi qualifié de « priorité » l’approfondissement des relations énergétiques entre l’UE et les pays de la région méditerranéenne. Mais pas un mot n’a été prononcé sur le projet d’Union méditéranéenne défendu par Nicolas Sarkozy.

Un sommet UE – Afrique se tiendra à Lisbonne les 8 et 9 décembre 2007. La question d’un partenariat énergétique UE – Afrique devrait être abordée sur la base des discussions de la conférence UE – Afrique – Moyen-Orient du 1er novembre.