Pas d'accord entre la Russie et l'Ukraine sur le prix du gaz
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, et son homologue ukrainien, Mykola Azarov, ne sont pas parvenus à un accord hier (20 décembre) sur une réduction du prix payé par les Ukrainiens pour le gaz russe. Un tel accord aurait permis d'aider le pays dont l'économie peine à sortir la tête de l'eau et de rassurer l'Europe.
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, et son homologue ukrainien, Mykola Azarov, ne sont pas parvenus à un accord hier (20 décembre) sur une réduction du prix payé par les Ukrainiens pour le gaz russe. Un tel accord aurait permis d'aider le pays dont l'économie peine à sortir la tête de l'eau et de rassurer l'Europe.
Les deux pays ont promis que l'échec des négociations n'affecterait pas le transit du gaz naturel russe vers l'Europe, qui a déjà été interrompu à deux reprises au cours des dix dernières années, lorsque Moscou et Kiev se querellaient à propos des conditions de livraison du gaz à l'Ukraine.
« Nous devons trouver un compromis, une décision mutuellement avantageuse », a déclaré M. Azarov à l'issue de sa conversation avec M. Poutine, qui a eu lieu dans la résidence Novo Ogaryevo de celui-ci, en périphérie de Moscou.
« J'espère que les négociations d'aujourd'hui donneront une impulsion décisive pour que nous puissions aboutir à une résolution finale. »
Avec M. Poutine, les réunions de haut niveau sont souvent synonymes de progrès dans les négociations. Mais la conférence de presse qui a eu lieu tard dans la nuit laissait plutôt entendre que la rencontre avait été brève et sommaire. M. Poutine a affirmé qu'il était important de « proposer une voie à suivre pour le développement » de ce secteur.
Une crise du gaz ?
Des sources gouvernementales et industrielles avaient minimisé les perspectives de conclusion d'un accord. Cela pourrait signifier que l'industrie énergétique européenne, qui avait été privée d'une partie ou de la totalité de son approvisionnement en gaz russe en 2006 et en 2009, pourrait être sur la corde raide jusqu'à la nouvelle année, au mieux.
Aucune date butoir n'a été évoquée pour cet accord considéré comme crucial pour garantir le transit de gaz vers l'Europe. Il s'agit de trouver un compromis sur le prix du gaz et sur un système de contrôle commun des gazoducs qui transportent plus de la moitié du gaz russe vers l'Europe.
Mais le groupe russe Gazprom, qui détient le monopole de l'exportation de gaz en Russie, ne se presse pas pour conclure un accord, car il gagne du poids dans les négociations à mesure que la situation budgétaire de l'Ukraine empire. En attendant, Gazprom continue de demander des prix élevés, comme stipulé dans le contrat en cours.
« Ces négociations vont se prolonger pendant très longtemps », a affirmé un analyste basé à Moscou et observateur de Gazprom de longue date. « Même lorsqu'ils annonceront qu'ils se sont mis d'accord, les négociations se prolongeront d'encore un an. »
M. Azarov, dont le gouvernement est aux prises avec un énorme déficit commercial et a emprunté des capitaux à une banque du secteur gazier russe afin de pouvoir payer sa facture de gaz de novembre, a déclaré à des journalistes à Prague lundi dernier qu'un accord était sur le point d'être scellé.
« Les choses se sont accélérées il y a une semaine, mais elles sont à présent revenues au calme », a annoncé une source au ministère russe de l'énergie.
La semaine dernière, le gouvernement de M. Azarov a toutefois approuvé son budget 2012 qui n'inclut pas de baisse des prix.
« D'un point de vue purement logique et économique, l'Ukraine ne peut plus se permettre de payer ce prix », a déclaré une source financière proche des deux gouvernements.
« Par conséquent, à mon avis, les deux parties doivent absolument trouver un accord, sinon l'Ukraine devra faire face à de grandes difficultés en 2012. »