Parlement : Giorgia Meloni démissionne de la présidence des CRE et soutient la candidature de Mateusz Morawiecki

La Première ministre italienne Giorgia Meloni va démissionner de son poste de présidente du parti des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et soutenir l’ancien Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

EURACTIV Italie
Italian Prime Minister Giorgia Meloni on visit to Warsaw
La Première ministre italienne en visite Giorgia Meloni (G) est accueillie par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki (D) avant leur rencontre au Palais sur l'île dans le parc des Bains royaux à Varsovie, en Pologne, le 05 juillet 2023. [EPA-EFE/Andrzej Lange]

La Première ministre italienne Giorgia Meloni va démissionner de son poste de présidente du parti des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, et soutenir l’ancien Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

Dans son discours d’une heure à l’occasion de la réunion annuelle de son groupe politique européen CRE (extrême droite) à Rome dimanche 15 décembre, Giorgia Meloni a également annoncé la nouvelle citoyenneté italienne de son allié et président argentin Javier Milei, et a évoqué son accord de gestion des migrants avec l’Albanie.

Parlant de son rôle à la tête du parti CRE, la Première ministre italienne a déclaré : « j’ai accepté de prolonger mon mandat lorsqu’on me l’a demandé, mais maintenant que les élections sont terminées, je pense avoir rempli mes responsabilités ».

« J’ai l’intention de me retirer de la présidence des conservateurs européens. Le parti CRE mérite un leader à plein temps, et je m’attends à ce que Mateusz Morawiecki figure parmi les candidats. Mateusz, ces applaudissements confirment notre soutien dans ce défi », a-t-elle ajouté.

La succession anticipée pour remplacer l’Italienne est un sujet de discussion depuis plusieurs mois, comme nous le rapportions vendredi 13 décembre.

Sur le plan intérieur, Giorgia Meloni a fait l’éloge de la « stabilité politique » de son gouvernement, qu’elle a qualifiée de « plus grande rupture avec le passé de la politique italienne ». Elle a exprimé sa confiance dans le fait que son gouvernement terminerait son mandat, citant l’unité de sa coalition majoritaire.

En réponse aux critiques de la secrétaire du Parti démocrate, Elly Schlein, qui l’a accusée de gaspiller 800 millions d’euros pour une « prison inoccupée en Albanie destinée à expulser des individus et à violer leurs droits », la Première ministre italienne a réitéré son engagement à l’égard du projet controversé.

Le traitement des migrants dans les centres de détention en Albanie a été suspendu dans l’attente d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (UE), mais Giorgia Meloni a insisté sur le fait qu’il se poursuivrait.

« Croyez-moi, ces centres fonctionneront. Si je dois y passer toutes les nuits jusqu’à la fin de mon mandat, je le ferai. Il s’agit de lutter contre la mafia et j’appelle l’État tout entier à se joindre à cette bataille », a-t-elle soutenu.

Elle a défendu l’accord entre l’Italie et l’Albanie comme un modèle de dissuasion, arguant que « débarquer en dehors des frontières de l’UE change tout ».

La Première ministre s’en est également prise à la gauche, l’accusant d’essayer de bloquer la nomination de Raffaele Fitto, un allié du parti, en tant que vice-président exécutif au sein de la nouvelle Commission européenne.

« Pour eux, si vous n’êtes pas de gauche, vous ne pouvez pas occuper ce poste », a-t-elle souligné.

Elle s’est également attaquée à l’ancien président de la Commission et ancien Premier ministre italien, Romano Prodi, en se moquant de sa critique selon laquelle « l’establishment aime Giorgia Meloni parce qu’elle obéit ».

« Je tiens à rappeler à Romano Prodi que certaines de ses actions clés, de la privatisation de l’IRI [Institut pour la reconstruction industrielle] à l’entrée de l’Italie dans la zone euro, en passant par l’entrée de la Chine dans l’OMC [Organisation mondiale du commerce], montrent qu’il en connaît un rayon sur l’obéissance. Nous avons appris que l’obéissance ne sert ni la nation ni l’Europe, et nous avons choisi une voie diamétralement opposée », a-t-elle détaillé.

Javier Milei, un invité de marque de l’événement, a présenté un manifeste politique décrivant sa lutte contre les idées du socialisme et le « virus woke » qui « dominent toujours la politique et les institutions occidentales ».

Il aurait discuté de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur avec Giorgia Meloni lors d’une réunion privée. Le président argentin cherche à obtenir le soutien de la Première ministre italienne pour l’accord, alors que l’Italie est restée sourde à tout engagement.

Entre-temps, Giorgia Meloni a été critiquée par les membres du Parti démocrate de la commission parlementaire chargée de superviser la RAI. Ils ont condamné le radiodiffuseur public pour avoir diffusé son discours en direct, décrivant l’événement comme une affaire partisane plutôt qu’une question d’importance nationale.

« Le discours de la Première ministre a été diffusé en direct d’un événement de parti, et non d’un forum institutionnel », ont dénoncé les membres de la commission parlementaire.

« Nous allons enquêter pour savoir si le temps d’antenne accordé à Giorgia Meloni correspond à celui accordé aux dirigeants d’autres partis politiques. Si cela est acceptable pour Giorgia Meloni, la même norme devrait s’appliquer aux autres », ont-ils ajouté.