Parlement européen : qui dirigera les Socialistes & Démocrates ?
Les eurodéputés Catherine Trautmann (France), Hannes Swoboda (Autriche) et Stephen Hughes (Grande-Bretagne) mettent les bouchées doubles dans leur campagne pour la présidence du parti des Socialistes & Démocrates. Il s'agira des premières élections réellement disputées dans l'histoire de ce groupe politique.
Les eurodéputés Catherine Trautmann (France), Hannes Swoboda (Autriche) et Stephen Hughes (Grande-Bretagne) mettent les bouchées doubles dans leur campagne pour la présidence du parti des Socialistes & Démocrates. Il s'agira des premières élections réellement disputées dans l'histoire de ce groupe politique.
M. Swoboda a déclaré à EURACTIV : « C'est la première fois que nous avons plusieurs candidats ! Par le passé, les dirigeants du parti décidaient tout simplement qui devait présider ».
Il a fait remarquer que quand Martin Schulz, l'actuel président, avait pris ses fonctions en 2004, il avait été élu par les eurodéputés socialistes, « mais il n'y avait qu'un seul candidat, Martin Schulz ».
Les eurodéputés ont travaillé sans relâche ces dernières semaines, envoyant des lettres et intervenant directement auprès des chefs de délégations nationales et de leurs autres collègues pour que ceux-ci soutiennent leur candidature à la présidence.
Le groupe des Socialistes & Démocrates est le plus grand au Parlement après le Parti populaire européen de centre-droit.
Des programmes similaires
Les candidats ont semblé éprouver quelques difficultés à se distinguer les uns des autres et à exposer les différences de leur programme, qui mettent l'accent sur des points similaires dans des domaines comme la démocratie au sein du groupe et le caractère inclusif et transparent du processus de prise de décision.
Par exemple, si Mme Trautmann affirme dans sa lettre qu'elle accueillerait à bras ouverts les contributions de « chaque membre, chaque délégation — petite ou grande —, chaque collaborateur [du] Groupe », M. Hughes promet quant à lui de « promouvoir l'unité du Groupe en faisant appel aux compétences et talents de tous les membres et du personnel ».
S'agissant des similarités de leurs programmes, Maxime Herrmann, l'assistant parlementaire de Mme Trautmann, a déclaré que M. Hughes suivait le chemin de Catherine. « Il répète certains points, car il a envoyé sa lettre un jour après celle Catherine ».
M. Swoboda a également souligné son potentiel d'unification, faisant la distinction entre son style et l'attitude de confrontation de M. Schulz : « Ma force est d'essayer de rassembler tous les membres et leurs idées afin de pouvoir débattre et trouver des compromis ».
Moins d'influence pour les délégations nationales ?
Il est très difficile de faire des prévisions sur les résultats de cette élection, qui aura lieu en janvier prochain. Une source proche du groupe S&D a déclaré à ce sujet : « c'est assez ouvert. Je me garderai bien de faire de pronostics ».
La présidence des groupes politiques au Parlement est souvent confiée à des candidats originaires des grands pays, dans l'espoir qu'ils exercent leur influence sur un maximum de membres. Les présidences du PPE, des Socialistes et des Verts sont toutes aux mains des Français et des Allemands, et tous parlent allemand.
Toutefois, il semblerait que la taille des délégations nationales socialistes joue un rôle relativement peu important cette fois-ci. En effet, aucun des favoris ne fait partie des « trois grandes délégations » disposant de plus de vingt eurodéputés (à savoir la délégation allemande, italienne et espagnole).
M. Herrmann a expliqué qu'il s'agissait d'un vote à bulletin secret et que les électeurs ne votaient donc pas forcément par délégation. Il a ajouté que les divisions internes, surtout au sein des grandes délégations, excluraient sans doute des votes par bloc national.
Il pourrait s'agir d'une bonne nouvelle pour l'eurodéputé autrichien Hannes Swoboda. « Il est grand temps de passer le relais à des pays de petite ou moyenne taille », a-t-il affirmé. « L'Europe, c'est plus que quelques grands pays ».