Parlement européen : les fédéralistes de Volt envisagent de quitter les Verts pour Renew

Anna Strolenberg, l’une des têtes de liste de Volt aux Pays-Bas, a informé Euractiv que le parti fédéraliste européen envisage la possibilité de se joindre au groupe libéral Renew au Parlement européen et de quitter le groupe des Verts/ALE.

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[EPA-EFE/EVA PLEVIER]

Anna Strolenberg, l’une des têtes de liste de Volt aux Pays-Bas, a informé Euractiv dimanche (9 juin) soir que le parti fédéraliste européen envisage la possibilité de se joindre au groupe libéral Renew au Parlement européen et de quitter le groupe des Verts/ALE.

« Nous sommes en conversation avec les Verts et Renew », a-t-elle affirmé. « Et nous négocions dans quel groupe [nos eurodéputés obtiendront une place dans] les meilleurs commissions, et ensuite nous soumettrons cela au vote de nos membres », a-t-elle ajouté.

Fondé en 2017 en réponse au Brexit et à la montée du populisme, Volt est un parti fédéraliste pro-européen organisé comme un regroupement des partis nationaux du même nom dans tous les pays de l’UE. Selon les derniers résultats, le parti devrait obtenir cinq sièges pour la législature 2024-2029 : trois en Allemagne et deux aux Pays-Bas.

En 2019, le parti a élu son premier eurodéputé en Allemagne, Damian Boeselager, qui siège actuellement avec le groupe des Verts.

Mme Strolenberg a souligné que l’objectif final de Volt est la création de son propre groupe au Parlement européen, ce qui nécessite au moins 23 eurodéputés. « Nous n’en sommes pas encore là », a-t-elle reconnu, tout en notant que les résultats positifs sont le signe d’une collaboration croissante entre les États membres.

Le parti, décrit comme un « mouvement », s’est présenté aux élections européennes dans 15 pays de l’UE avec un programme et une campagne unifiés. Il dispose également de sièges dans les parlements nationaux de Bulgarie, de Chypre et des Pays-Bas.

Le soutien dont bénéficie Volt a considérablement augmenté par rapport à 2019, où il n’avait obtenu qu’un seul siège.

« Lorsque vous considérez qu’il s’agit d’une augmentation par rapport aux 0,68 % que nous avions en 2019, c’est un résultat incroyable. Et je pense que cela témoigne aussi de l’intérêt de nombreuses personnes à la politique pragmatique et basée sur les faits », a confié à Euractiv, Damian Boeselager, eurodéputé et cofondateur de Volt.

Parmi ses propositions, Volt souhaite établir une « Europe fédérale » avec un gouvernement européen dirigé par un Premier ministre de l’UE.

Le parti préconise aussi la création d’une armée européenne commune sous le contrôle du Parlement européen, l’introduction d’un impôt minimum de 22 % sur les sociétés dans toute l’Union et la garantie que les bénéfices soient imposés « là où ils sont réalisés ».

Concernant le départ potentiel de Volt des Verts, M. Boeselager ainsi qu’un membre du groupe des Verts/ALE ont confirmé à Euractiv que des négociations étaient en cours.

La perte des cinq eurodéputés de Volt au profit de Renew serait un coup dur pour les Verts/ALE, dont le nombre de sièges est déjà réduit au terme du scrutin. D’après les dernières projections, le parti disposerait de 52 sièges, soit 19 de moins par rapport à la précédente léguislature. Il passe ainsi de la position de quatrième groupe le plus important du Parlement à la sixième position.

Le groupe a notamment été dépassé par l’extrême droite, avec les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et Identité et Démocratie (ID).

Pour sa part, le groupe libéral Renew, troisième groupe au Parlement européen, bénéficierait grandement de l’adhésion de Volt. En effet, Renew a également enregistré d’importantes pertes lors de ces élections (- 23 sièges). Avec ses 79 eurodéputés, il se retrouve talonné par le groupe CRE et ses 73 eurodéputés.

Maria Simon Arboleas, Niko Kurmayer et Nathan Canas ont contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]