Parlement européen : annonce imminente de la formation du nouveau groupe d’extrême droite « Les Souverainistes »

Selon plusieurs sources et médias, un nouveau groupe politique d’extrême droite, prétendument nommé « Les Souverainistes », dirigé par l’AfD allemande et visant à rassembler divers partis nationalistes à travers l’UE, est en cours de formation au Parlement européen.

Euractiv.com
Brussels,,Belgium,-,June,9,,2023:,The,European,Parliament,Building
À l’approche des élections européennes, des rumeurs ont circulé à Bruxelles sur une large alliance d’extrême droite entre les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) de l’Italienne Giorgia Meloni et le groupe d’Identité et Démocratie (ID), de Marine Le Pen. [Shutterstock/Respiro]

Selon plusieurs sources et médias, un nouveau groupe politique d’extrême droite, qui se nommerait « Les Souverainistes », est en cours de formation au Parlement européen. Dirigé par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), il rassemblerait plusieurs partis nationalistes à travers l’Europe.

Le travail sur la création du groupe est entré dans sa phase finale, si l’on en croit un courriel d’un assistant de l’AfD addressé au Parlement européen rapporté pour la première fois par le quotidien allemand Der Spiegel et consulté par Euractiv. Danc ce courriel, il est demandé au Parlement européen de fournir un lieu pour accueillir la « réunion constitutive d’un nouveau groupe ».

À l’approche des élections européennes, plusieurs sources à Bruxelles mentionnaient la création d’une vaste alliance d’extrême droite entre les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et le groupe Identité et Démocratie (ID).

Cependant, l’extrême droite pourrait finalement se fractionner en trois groupes distincts.

Plusieurs scissions internes et réalignements stratégiques au sein des factions d’extrême droite ont conduit à cette situation. Premièrement, l’AfD a été expulsée du groupe ID à la suite de plusieurs scandales survenus pendant les campagnes électorales et cherche de nouveaux partenaires. Ensuite, les CRE ont accueili de nouveaux membres, dont l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) avec qui le Fidesz hongrois refuse de coopérer, et sont devenus la troisième force au sein de l’hémicycle de l’UE. Enfin, ID, dirigé par Marine Le Pen qui est actuellement en pleine campagne pour les législatives, cherche à redorer son image.

La demande d’accueillir une réunion constitutive a confirmé les informations de la semaine dernière selon lesquelles un nouveau groupe parlementaire d’extrême droite sera annoncé dans les prochains jours.

Un assistant de l’AfD a demandé au Parlement européen une salle pour « cette grande réunion » qui accueillera environ 100 invités jeudi (27 juin), prévoyant d’annoncer la formation d’un nouveau groupe parlementaire, ce qui correspond également aux informations de Der Spiegel.

Toutefois, une source du parti allemand a expliqué que « rien n’est [encore] gravé dans le marbre, tout est possible », car certains membres de l’AfD ne sont pas favorables à la formation d’un tel groupe marginal.

Le nouveau groupe serait nommé « Les Souverainistes », en écho à la proposition faite à l’AfD par le parti d’extrême droite bulgare Vazrazhdane, qui a remporté trois sièges au terme du scrutin européen de début juin, de le rejoindre au sein d’un groupe « véritablement conservateur et souverainiste ».

Parmi les partis susceptibles de rejoindre Les Souverainistes figurent le nouveau parti espagnol Se Acabó La Fiesta (SALF, « La fête est finie »), qui a remporté trois sièges en promettant de « faire exploser le système ». Cependant, une deuxième source de l’extrême droite allemande a indiqué qu’à sa connaissance, la délégation espagnole n’avait pas encore été contactée.

János Árgyelán, secrétaire général adjoint du Mouvement hongrois Notre Patrie, a confirmé à Euractiv au cours du week-end qu’ils étaient « en pleine discussion » avec l’AfD, sans donner plus de détails. Bien que l’extrême droite hongroise représenterait un eurodéputé supplémentaire, ce qui rapprocherait le futur groupe du nombre requis de délégations, certains doutent que les opinions extrêmes du parti soient comparables à celles des Souverainistes.

Le parti slovaque Republika et S.O.S. Roumanie, avec deux sièges chacun, ainsi qu’un membre du NIKH de Grèce, ont également été évoqués.

Interrogée par Euractiv la semaine dernière, l’eurodéputée polonaise Anna Bryłka, du parti Confédération, s’est montrée sceptique quant à l’idée de rejoindre un nouveau groupe d’extrême droite sous la direction de l’AfD, « même s’il y a des projets et une volonté de créer une telle faction ».

Pendant la campagne électorale, les experts ont pris en compte cette alliance potentielle, qui apporterait six eurodéputés supplémentaires au nouveau groupe. Selon les informations dont dispose Euractiv, le parti polonais a toutefois reçu également une offre alléchante de la part du groupe ID.

Une autre addition pourrait être Sarah Knafo, de Reconquête!, associée du fondateur du parti, Éric Zemmour, qui n’a pas rejoint le groupe CRE, contrairement à ses anciens collègues.

Outre ces partis, des membres mécontents des groupes ID et CRE pourraient également les rejoindre, car potentiellement en désaccord avec les tentatives des deux factions de se rapprocher du centre droit.

Même si l’AfD compte déjà 14 eurodéputés, le groupe semble avoir quelques incertitudes à résoudre d’ici jeudi pour atteindre les 23 sièges requis et surtout pour obtenir au moins sept délégations de différents pays, prérequis nécessaire afin d’être qualifié de groupe.

[Édité par Anna Martino]